Jean Améry « Par-delà le crime et le châtiment – Essai pour surmonter l’insurmontable»
Vendredi, 16. mars 2012 11:33 | Auteur:D.Nauze
Jean Améry (de son vrai nom Hanns Maier, né en 1912 à Vienne) pas plus que Primo Levi, pas plus que Bruno Bettelheim et sans doute beaucoup d’autres « rescapés» d’Auschwitz n’a réussi dans l’après-coup à « surmonter l’insurmontable» puisqu’il s’est donné la mort à Salzbourg en 1978.
Dommages collatéraux quand d’anciens nazis, en Allemagne, en Autriche, ont repris une vie paisible d’hommes qui avaient fait leur devoir. Dans des pays si propres, où il n’y avait pas de papiers qui traînaient dans les rues.
Ce que dit Jean Améry dans ses essais, c’est qu’on n’est pas totalement vaccinés contre une « remake» d’Auschwitz, même si on a dit par ailleurs que l’histoire ne se répète pas, qu’elle se contente (!) de bégayer.
Dans ce cas précis, celui de la» bête immonde» qui se borne à sommeiller, il est toujours bon de relire les dernières lignes de « La Peste» , d’Albert Camus. Nous sommes à Oran, l’épidémie vient d’être vaincue, le ville est en liesse, mais pas le docteur Rieux :
« Rieux se souvenait que cette allégresse était toujours menacée. Car il savait ce que cette foule en joie ignorait, et qu’on peut lire dans les livres, que le bacille de la peste ne meurt ni ne disparaît jamais, qu’il peut rester pendant des dizaines d’années endormi dans les meubles et le linge, qu’il attend patiemment dans les chambres, les caves, les malles, les mouchoirs et les paperasses, et que, peut-être, le jour viendrait où, pour le malheur et l’enseignement des hommes, la peste réveillerait ses rats et les enverrait mourir dans une cité heureuse.»
(Photo : Philippe Noiret dans « Le vieux fusil» de Robert Enrico).
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