Rudolf Vrba (& Alan Bestic) « Je me suis évadé d’Auschwitz»  – Gustav Herling « Un monde à part»  ou l’irremplaçable valeur du témoignage vécu

Lundi, 30. janvier 2012 11:55 | Auteur:D.Nauze

Deux livres sur l’univers concentrationnaire, le premier sur la plus grande machine à tuer qui ait jamais existé , AUSCHWITZ et sa proche succursale BIRKENAU, le second sur le goulag de Kargopol sur la mer Blanche (camp de Yertsevo).

Bien sûr, ce sont des univers très proches mais même si le goulag a fait davantage de victimes, il donne au lecteur une impression moins sinistre, dans la mesure où l’expression « la solution finale»  n’existait pas dans les tablettes de Staline, où l’extermination DE MASSE n’était pas administrativement programmée.  A Auschwitz, il fut décidé à plusieurs reprises que le lendemain la moitié du camp serait gazée. Dès le débarquement de milliers de juifs, tout était réglé par les SS comme du papier à musique, sans presque une fausse note si l’on peut dire et très peu de temps après les cheminées de Birkenau crachaient leur fumée et leurs escarbilles (?) dans la nuit polonaise.

Il serait malséant de discuter sur la fiabilité des souvenirs de Gustav Herling ou de Rudolf Vrba, tant on sait par expérience personnelle que les souvenirs malheureux sont beaucoup plus prégnants dans le psychisme que les travaux et les jours ou les images de repas champêtres bien arrosés. Bien entendu, rétrospectivement, la mise en ordre et en perspective de la narration semble nous rapprocher du roman, lequel, comme disait Camus « fabrique du destin sur mesure» .

(C’est surtout parce qu’ils ont échappé à l’enfer que les narrateurs endossent un destin proche de celui d’un personnage de roman. Mais là s’arrête l’analogie.)

La lecture de ces deux ouvrages devrait être OBLIGATOIRE car comme le dit (encore) Camus aux dernières lignes de La Peste (métaphore du nazisme appelé aussi « peste brune» ), « le bacille de la peste ne meurt ni ne disparaît jamais, (..) il peut rester pendant des dizaines d’années endormi dans les meubles et le linge, (..) il attend patiemment dans les chambres, les caves, les malles, les mouchoirs et les paperasses et peut-être le jour viendr(a) où la peste réveiller(a) ses rats et les enverr(a) mourir dans une cité heureuse.» 

Aujourd’hui même où dans certains pays européens l’extrême droite pro-nazie retrouve une certaine vigueur.


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« STONER»  John Williams (Le Dilettante), un cadeau inappréciable d’Anna Gavalda

Mercredi, 25. janvier 2012 13:22 | Auteur:D.Nauze

MERCI, ô « passeuse»  de livres. Et merci aussi à Colum McCann, qui acheta 50 exemplaires de « STONER»  pour les offrir à ses amis. Ce roman est littéralement sublime, « sub limen» , c’est à dire qu’on flotte légèrement au-dessus du seuil de la porte quand on le lit. Quant à le relire, j’attendrai que ma dose de « blues»  se dissipe un peu. C’est plus prudent.


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China Miéville : « The City & The City»  (Fleuve Noir). NE REGARDEZ PAS !

Mercredi, 18. janvier 2012 12:06 | Auteur:D.Nauze

Comme un élève cossard, je « n’évise»  pas, je pioche allègrement dans la quatrième de couverture.

Les habitants de Beszel et d’Ul Qoma, villes doubles partageant un MÊME territoire, ont interdiction absolue d’entrer en contact avec leurs voisins. La moindre infraction à cette règle déclenche l’intervention de la Rupture, une force de police secrète dont tous redoutent l’efficacité impitoyable. Quand le cadavre d’une inconnue est découvert dans un terrain vague de Beszel, l’inspecteur Tyador Borlu comprend vite que ses ennuis ne font que commencer.

Le coup de génie de China Miéville est non pas de poser les deux villes l’une à côté de l’autre comme autrefois Berlin Est et Berlin Ouest mais de les imbriquer l’une dans l’autre. Une même rue peut appartenir aux deux villes, je ne vous dis pas les subtilités de la circulation. Il faut « éviser»  à chaque instant, braquer, freiner, voir sans regarder, laisser passer les véhicules prioritaires des deux cités, de Beszel ou d’Il Qoma, un accident entraînant l’intervention de la tsarrible Rupture (les contrevenants dis paraissent).

Voilà ce que j’appellerai une poésie du glaucome (rétrécissement du champ visuel), de la myopie (brouillage du décor), ce que nous savons si bien faire, d’une manière un peu névrotique, dans nos vies ordinaires avec certaines personnes croisées dans la rue et que nous ne désirons pas rencontrer. Cette fascination de l’interstice (car les gens sont curieux), du vu non-regardé (faux cul), nous introduit dans un univers kafkaïen qui fait le charme du livre de China Miéville, au-delà de l’intrigue policière plus traditionnelle.

Chapeau à la traductrice, Nathalie Mège, qui a dû inventer des termes nouveaux dans le champ sémantique de l’évitement : « éviser» , « inouir» , « insilé» … Cousinage, ô mes frères, avec « Orange mécanique» , et de façon plus visible avec le « post-exotisme»  (hybride de science fiction politique, de polar et d’onirisme) de ce cher Volodine qui a momentanément disparu dans un interstice.

Le roman de China Miéville a pratiquement raflé tous les prix anglo-saxons existants. Chez nous nous pouvons lui accorder comme prix 19 euros. Cela le vaut bien, n’est-ce pas Borlu ?


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Mais où est passé le blogueur de fond ?

Lundi, 9. janvier 2012 13:07 | Auteur:D.Nauze

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Un humaniste à la sauce franquiste : Millan Astray

Jeudi, 5. janvier 2012 13:19 | Auteur:D.Nauze

L’imaginaire collectif mettra des siècles à se guérir de la puanteur dégagée par ce monstre. Comme à Tchernobyl, on coulerait des tonnes de béton sur sa mémoire que cela ne suffirait pas à assainir l’atmosphère.


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