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Chil Rachjman : « Je suis le dernier Juif – Treblinka (1942 – 1943) Livre de poche

Mercredi, 29. février 2012 18:39

Chil Rajchman est un fantassin de l’horreur. Nous serions tenté de dire de l’horreur à la fois « ordinaire»  et extraordinaire puisque nous sommes à Treblinka, le « lager»  (camp de concentration) qui a laissé 57 survivants parmi les 750 000 juifs qui ont été « traités»  in situ.

Chil Rajchman arrive à Treblinka en octobre 1942, il a 28 ans. Il va échapper à la chambre à gaz en devenant tour à tour trieur de vêtements (Schnell ! Schnell ! coups de fouet des gardiens), coiffeur, si l’on peut dire, porteur de cadavres ( Schnell ! Schnell ! coups de fouet multiples) et « dentiste»  = récupération des dents en or sur les suppliciés. Il vaut mieux gratter la chair résiduelle des gencives sinon l’odeur devient très vite insupportable. L’odeur est le paramètre constant de tous les lagers, mais affligé d’une rhinite constante, le peuple allemand n’a rien senti. Rien du tout.

La qualité du témoignage à chaud (!) de Chil Rajchman est le sens du détail dans un macabre ambiant qu’il faut bien « apprivoiser»  pour survivre. Les restes humains qu’on récupère au bout d’une fourche pour les faire brûler afin d’effacer l’étendue du désastre et surtout du crime (le négationnisme, on l’a déjà dit, commence là, à l’intérieur des camps, le brave Heinrich Himmler était fier de son oeuvre mais il souhaitait la discrétion).

On a aussi parlé de la banalité du Mal et d’hommes ordinaires à propos des bourreaux. Minute, papillon ! A Treblinka il y avait parmi les SS et leurs séides une belle b(r)ochette de sadiques et de super salauds. Prix de ce témoignage 5,50 euros.



Catégorie: La traversée du quotidien., Non classé | Commentaires (0) | Auteur: D.Nauze

Un humaniste à la sauce franquiste : Millan Astray

Jeudi, 5. janvier 2012 13:19

L’imaginaire collectif mettra des siècles à se guérir de la puanteur dégagée par ce monstre. Comme à Tchernobyl, on coulerait des tonnes de béton sur sa mémoire que cela ne suffirait pas à assainir l’atmosphère.


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« La vie en sourdine»  David Lodge (Rivages)

Vendredi, 18. février 2011 13:24

Le titre anglais « Deaf sentence»  est malheureusement intraduisible avec le calembour sur l’homophonie entre « deaf»  (surdité) et « death»  (mort).

Roman autobiographique quelque part puisque David Lodge est progressivement de plus en plus sourdingue. Et la surdité, mes frères, est source de comique, contrairement à la tragique cécité.

Il en résulte que tout au long de la « diégèse»  (comme dirait mon fils aîné, l’agrégé) la cocasserie est présente. Toutefois elle est toujours proche de l’émotion, de même que l’émotion est proche de la cocasserie.

« La vie en sourdine»  ne se réduit pas non plus à une oeuvre destinée exclusivement aux enseignants à la retraite, même s’ils y trouveront du grain à moudre, macache wallou !

Elle s’adresse à tous ceux pour qui les mots du poète ne sont pas lettres vaines.

« Dieu que la vie est quotidienne / Et du plus loin qu’on se souvienne / Comme on fut piètre et sans génie.» 

(Les embarras prostatiques du vieux père du narrateur sont plus vrais que nature. La bouteille en plastique qu’on fait suivre avec soi lors des longs trajets en voiture ou les désastres en liquidité, on s’est retenu jusque là, dès qu’on atteint une station service et ses commodités. Hilh de pute !).


Catégorie: Coups de coeur, Non classé | Commentaires (0) | Auteur: D.Nauze

C’est l’image qui s’allonge (chromothérapie)

Mercredi, 24. novembre 2010 12:27

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L’ambassadeur de Chine en France (en bas à droite) a choisi de rire jaune. Vive Liu Xiaobo!

Vendredi, 8. octobre 2010 13:46

« Rire jaune»  : d’un rire  forcé, qui dissimule mal le dépit et la gêne (Petit Robert, p. 1043).

Catégorie: La traversée du quotidien., Non classé | Commentaires (0) | Auteur: D.Nauze