Vendredi, 18. février 2011 13:24
Le titre anglais « Deaf sentence» est malheureusement intraduisible avec le calembour sur l’homophonie entre « deaf» (surdité) et « death» (mort).
Roman autobiographique quelque part puisque David Lodge est progressivement de plus en plus sourdingue. Et la surdité, mes frères, est source de comique, contrairement à la tragique cécité.
Il en résulte que tout au long de la « diégèse» (comme dirait mon fils aîné, l’agrégé) la cocasserie est présente. Toutefois elle est toujours proche de l’émotion, de même que l’émotion est proche de la cocasserie.
« La vie en sourdine» ne se réduit pas non plus à une oeuvre destinée exclusivement aux enseignants à la retraite, même s’ils y trouveront du grain à moudre, macache wallou !
Elle s’adresse à tous ceux pour qui les mots du poète ne sont pas lettres vaines.
« Dieu que la vie est quotidienne / Et du plus loin qu’on se souvienne / Comme on fut piètre et sans génie.»
(Les embarras prostatiques du vieux père du narrateur sont plus vrais que nature. La bouteille en plastique qu’on fait suivre avec soi lors des longs trajets en voiture ou les désastres en liquidité, on s’est retenu jusque là, dès qu’on atteint une station service et ses commodités. Hilh de pute !).

