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Un lecteur nommé Staline

Vendredi, 17. février 2012 16:48

Eh bien oui, Staline lisait. Mais il n’est pas certain qu’il aurait apprécié la vingtaine de livres-phares issus de l’expérience du Goulag.

Dans les camps, il y avait des criminels de droit commun, des truands qui faisaient régner leur propre terreur. La terreur dans la terreur. Quand certains de ces truands tentaient une évasion, ils emmenaient toujours avec eux une « vache» , c’est à dire une sorte de garde-manger ambulant, en clair un jeune zek (politique) pas trop maigre. Et si la faim devenait trop cruelle, ils le zigouillaient, couic, pour lui manger les reins avec du sel qui faisait partie de leur kit de fuite dans la taïga. Faire du feu était impossible, sauf à se faire repérer par les patrouilles de recherches. Lesquelles découvraient vite, totalement gelée, la carcasse de la « vache»  sacrifiée.

J’ai trouvé cette « anecdote»  dans le livre de Jacques Rossi : « Qu’elle était belle cette utopie» , un témoignage édifiant.


Catégorie: Humour noir | Commentaires (0) | Auteur: D.Nauze

Un GPS extraordinaire

Jeudi, 20. octobre 2011 10:11

Pourquoi extraordinaire ?

Eh bien parce qu’au delà des fonctions normales de ce gadget, l’appareil en question peut repérer en rase campagne les âmes qui vont sont proches, les âmes-soeurs et les corps-frères.

Avec une biographie complète et surtout une géographie de leur planète désirante.

Tous gens de bonne compagnie, comme dans l’abbaye de Thélème (chère à Rabelais).

Cet appareil, on le conçoit, peut être d’une aide efficace pour les gens isolés dans les confins, les terres gastes, comme dans le département du Jars (32).

Bien sûr, il ne fait pas tout le travail. Il vous faut personnellement toquer à l’huis signalé. Et si vous êtes timide, si vous avez peur des chiens ou qu’on vous prenne pour un démarcheur commercial, eh bien votre chance vous passera sous le nez. Mais, cela, on le sentait venir.

Alors contentez-vous d’un GPS ordinaire, ou de pas de GPS du tout puisque vous ne prenez votre voiture que pour aller à la pharmacie ou à la grande surface où vous faites vos courses. Que voulez-vous que je vous dise ?

 


Catégorie: Humour noir | Commentaires (0) | Auteur: D.Nauze

Mes amis de Facebook sont devant la porte

Mardi, 11. octobre 2011 18:25

 

Mes amis de Facebook sont devant la porte. Ils viennent peut-être sonner pour que je leur distribue des bonbons. Comme au soir d’Halloween, en Amérique. Il faut dire que la tradition a fait long feu ici, sous nos tropiques. La tradition des amis aussi, tout cela se fossilise, n’est-ce pas Lise ?

Je ne sais pas si je vais leur ouvrir ma porte. Pourtant ça me ferait du bien de voir des gens. Le matin, il y a le bonhomme de ChronoPost avec son fourgon blanc qui fait crisser le gravier. Et puis, plus rien. Sauf les canards sauvages de l’étang de Bert qui passent en rase-tuiles et encore ils ne font pas des manoeuvres tous les jours, les canards (il est bon de rappeler le sujet quand on l’a perdu de vue, eho, le sujet, tu es là ?)

Bien sûr, ils ne paient pas de mine, j’ai l’impression, mes amis. Ils ont peut-être des tiques et la gale. Mais dans nos campagnes perdues, il ne faut pas être trop regardants. C’est l’amitié qui compte mais j’ai peur d’avoir bu la dernière bouteille de blanc sec et je n’ai pas de bonbons. C’est la Bérézina. Je glisse un papier sous la porte. « Eh les potes, vous reviendrez demain…» 


Catégorie: Humour noir | Commentaires (0) | Auteur: D.Nauze

Barcelone, un « trou noir»  onirique où disparaissent les écrivains

Vendredi, 26. août 2011 11:30

On ne s’étonnera guère que la Barcelone fantomatique de Carlos Ruiz Zafon, avec ses ruelles à brouillard, ses bibliothèques carnivores, l’ombre du vent et tous ces policiers aigris, soit devenue une nasse, un piège mortel (?) à écrivains.

Qu’est devenu Jonathan Littell qui frappa un coup séculaire avec ses « Bienveillantes» ? Disparu. Peut-être d’ailleurs ce qu’il a de mieux à faire après un tel livre. Les érudits de type universitaire, toujours en quête de sens et de sens derrière le sens, liront avec profit la série d’études réunies par Murielle Lucie Clément, « Les Bienveillantes de Jonathan Littell» , OpenBook Publishers, 2011.

Qu’est devenu Mathias Enard, l’auteur de ZONE, superbe livre, qui émarge sur le réseau dit social Fraïse-Brücke, mais qui n’a jamais répondu à ma demande d’invitation ? Je pense qu’il a été nuitamment zigouillé derrière le palmier nain d’une rambla. Mais j’ai une autre hypothèse en ce qui le concerne. Ce n’est pas lui qui a écrit ZONE mais la locomotive qui, par une nuit d’hiver, conduit le narrateur de la gare de Milan à celle de Rome. Narrateur qui ressasse tous les massacres qui ont « évermeillé»  (pardonnez-moi ce néologisme) les pourtours de la Méditerranée et l’ex-Yougoslavie. Deuxième disparition, donc.

On dressera un peu l’oreille vu que l’ombre du vent et surtout celle du Troisième Reich plane sur la diégèse de ces deux « fictions» . Ce n’est pas la bibliothèque rose, voyez.

Je pense que si un troisième écrivain important disparaît dans la ville de Gaudi, il va falloir sérieusement commencer à s’alarmer.

(Et c’est ainsi qu’Allah est grand).


Catégorie: Humour noir | Commentaires (0) | Auteur: D.Nauze

Universitaires et petits profs de collège de banlieue

Mardi, 28. juin 2011 13:37

Les universitaires sont des gens très intelligents. La preuve, ils se sont débrouillés pour ne pas enseigner (en saigner) dans le secondaire, surtout en collège, voirement même en lycée vu que, paraît-il, c’est là aussi le couillencrac.

Le matin (enfin ils ne travaillent pas tous les matins à l’université, ils font de la recherche personnelle), ils se mettent un collyre qui fait briller leur regard, pour paraître plus intelligents aux yeux des inférieurs dans la hiérarchie (maîtres-assistants, ça existe encore ? maîtres de conférences).

Ils jaspinent un patois (je parle surtout des lettres) qui laisse pantois la comprenette, dans le temps c’était la « diégèse» , etc… Certains sont sortis de Normale Soupe, mais ceux-là sont plutôt nommés sur Paris. Les plus frileux qui n’ont pas choisi le privé, le journalisme ou la politique.

Et puis c’est pas des sédentaires (comme les petits profs de banlieue qui ne quittent leur collège que pour un séjour plus ou moins bref en CHS). Ils vont, tous frais payés, à des colloques de par le vaste monde, enfin vous avez tous lu David Lodge ! où ils font assaut d’intelligence avec d’autres loquedus de la même tribu. Mais leur secret espoir est de tremper leur petit biscuit dans un autre verre de champagne. Sinon à quoi bon faire ces milliers de kilomètres ?

Ces gens-là entrent rarement dans des « caissons de gratifications narcissiques» . Ils ont déjà tout sur place, surtout s’ils sont de surcroît écrivains, mais attention écrivains de moyenne importance, sinon cela créerait des jalousies, porteraient ombrage à certains collègues de haut rang qui gèrent en sous-main les carrières.

Des profs de collège de banlieue, que dire ? Leurs ordonnances médicales et leurs arrêts-maladie sont assez éloquents, parlent pour eux et il serait malséant de gloser davantage sur le malheur des hommes.


Catégorie: Humour noir | Commentaires (0) | Auteur: D.Nauze