Le meilleur des torche-culs (épisode rabelaisien) ou Léda et le cygne
Jeudi, 9. février 2012 16:58
Le chapitre 13 de GARGANTUA est demeuré célèbre : « Comment Grandgousier reconnut à l’invention d’un torche-cul la merveilleuse intelligence de Gargantua»
Doux délire à la fois énumératif et construit de manière très rhétorique dont il faut citer la conclusion (translation en français moderne) :
« Mais pour conclure, je dis et maintiens qu’il n’y a pas de meilleur torche-cul qu’un oison bien duveteux, pourvu qu’on lui tienne la tête entre les jambes. Croyez m’en sur l’honneur, vous ressentez au trou du cul une volupté mirifique, tant à cause de la douceur de ce duvet qu’à cause de la bonne chaleur de l’oison qui se communique facilement du boyau du cul et des autres intestins jusqu’à la région du coeur et à celle du cerveau. Ne croyez pas que la béatitude des héros et des demi-dieux qui sont aux Champs Elysées tienne à leur asphodèle, à leur ambroisie (…). Elle tient à mon avis, à ce qu’ils se torchent le cul avec un oison…»
Sac à merde et compagnon des dieux, tel est l’homme selon Rabelais. On pense que cette image de l’oison vient du fait qu’il a vu à Lyon, en 1532, une copie de la composition (aujourd’hui perdue) de MICHEL-ANGE : « Léda et le Cygne» (l’imitateur de notre illustration n’est autre que RUBENS). Voilà un beau détournement d’image chez un auteur qui n’en est pas à une facétie près !
Mais une facétie lourde de sens. L’homme est un demi-dieu merdique, bref un oxymore. Alléluia !
Catégorie: Création littéraire | Commentaires (0) | Auteur: D.Nauze







