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Madame l’Inspectrice d’Académie n’a pas d’angoisse particulière, naturellement.

Mercredi, 1. septembre 2010 11:16

Ce soir, notre fonctionnaire BCBG (voir photo) n’aura pas besoin de faire une tentative de suicide au TRANXENE pour appeler au secours.

Elle est à l’abri, elle, elle a même un chef de cabinet qui nettoie quotidiennement ses toilettes personnelles. Avec un nuage de parfum à la citronnelle.

Ce n’est pas la même chanson pour les milliers de jeunes professeurs stagiaires qui,  faute de flouze, de picaillons, de grisbi, vont se retrouver à plein temps, SANS AUCUNE FORMATION, devant des hordes d’élèves de moins en moins faciles. Il y a de quoi prendre les jambes à son cou et le premier train en partance pour la Mongolie extérieure (où l’on peut vivre dans des yourtes).

Ce soir, madame l’inspectrice va se démaquiller lentement (elle n’a pas le trac) dans sa salle de bains. Bien sûr, il va y avoir des réclamations, des contestations, des parents mécontents qui bloquent une école primaire ou deux. C’est un rituel de septembre, son chef de cabinet aplanira les angles avec du « Destop ». Elle enfile sa nuisette et se couche dans son lit (son mari l’a quittée pour une secrétaire, laide de surcroit), elle se couche dans son lit douillet avec son gros nounours. Bonne nuit, les petits !


Thema: La traversée du quotidien. | Kommentare (0) | Autor: D.Nauze

Je me suis trompé de scénario

Mardi, 1. septembre 2009 10:23

Armé d’un long couteau de cuisine, Norman Bates se rapprocha du rideau à demi-opaque de la douche. Psychose, quand tu nous tiens ! Mais, ciboire du Christ, étais-je dans le bon scénario? Je voulais parler de la rentrée scolaire et de ce tabou dans les œillères de l’angle mort, pour faire simple je voulais signifier que la “panique” est souvent l’état ordinaire de l’enseignant.

On ne parle pas de ça dans les IUFM. Jamais, c’est obscène, angoissant. Passez muscade !

norman-bates1

Le prof est censé être un G.O. empathique porté sur les ailes d’une imperceptible euphorie. Jamais de bouche sèche, de chamade tambour qui s’entend à l’autre bout de la cour, de mains qui tremblent, avec la sensation de désastre imminent, aussi maîtrisable qu’un tsunami, bref que l’épée de la dame aux clebs va vous tomber sur le coin de la gueule, que vous allez ruminer, ruminer cet état-limite vécu comme un échec et que vous serez désormais incapable d’entrer à nouveau dans une classe.

Bien sûr, pour la plupart, cela s’arrange ( un peu), DES QU’ILS SONT ENTRES DANS UN PERSONNAGE, comme au théâtre, mais oui, madame Ravenel, l’enseignement c’est aussi du théâtre et vous avez tout intérêt à prendre ce paramètre en compte.

Trente cinq ans j’ai tenu sur ce fil du rasoir, et quand j’en ai eu ras la caftir de l’ambiance, que je devenais un peu trop cabotin du type gueulard, eh bien je suis parti (j’avais mes annuités).

J’avais ensuite le projet de me reconvertir en Norman Bates mais je n’avais pas assez de picaillons pour m’acheter un motel dans le Bazar Manioc !

Thema: La traversée du quotidien. | Kommentare (0) | Autor: D.Nauze