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Ralentir : chef-d’oeuvre : R.J. ELLORY : SEUL LE SILENCE

Jeudi, 18. mars 2010 19:17

Seul le silence (c’est ce qu’on pourrait appeler une critique minimaliste, mais c’est la seule qui convienne ici).

Ellory-R.J. ellory

Thema: Coups de coeur | Kommentare (0) | Autor: D.Nauze

« Les Visages » de Jesse Kellerman, étiquette à changer.

Vendredi, 13. novembre 2009 13:31

kellerman

Ce n’est pas parce que papa maman écrivent des « thrillers » que le bouquin du fiston se doit d’être un « thriller », par les burnes de saint Pandelon ! Le meilleur « thriller de l’année » écrit le NEW YORK TIMES qui, je vous l’accorde, n’est pas le « Herald Picayune ».

Il n’empêche, on frissonne (« to thrill » = frissonner) rarement dans cette narration rusée qui flirte avec le genre certes, mais avec une distanciation ironique.

Il nous reste une belle saga familiale, avec ses secrets, ses non-dits, ses cadavres dans le placard, une peinture documentée du petit monde de l’art contemporain à New York, des galeristes et Jesse Kellerman a un véritable talent d’écrivain, au niveau de la phrase, du paragraphe, du chapitre.

En définitive (comme disait il y a bien longtemps l’abbé Ménard, curé de Vayres), l’ouvrage de Jesse Kellerman est bien plus proche du « Déclin de l’Empire Whiting » de Richard Russo que de « Dragon rouge » ou du « Silence des agneaux ».

Il faut savoir ce que parler veut dire, prépuce !

Thema: Coups de coeur | Kommentare (0) | Autor: D.Nauze

Shadowman de Cody McFadyen

Samedi, 7. novembre 2009 19:25

shadowman

Un voyage de 500 pages au bout de la cruauté humaine, une sorte d’autoroute de la souffrance et du désespoir, sans aucune aire de repos, obligation de rouler, rouler, lire, lire. L’auteur, dont c’est le premier roman, a une grande empathie envers ses personnages, mais putaing, c’est destroy, trash pas dans la soupe.

Je me dis que dans le Bazar Manioc, on n’est pas si pervers, petites perversités, c’est sûr, pisser entre deux bagnoles dans un parking, se curer le nez et coller le produit contre un bénitier désaffecté, bref.

Moi qui m’efforce d’être idiot quand je lis un polar (n’oublions pas que le fond de commerce du collègue est la rétention d’informations), là j’ai subodoré de loin le méchantissime, lequel s’imagine être un descendant du distingué Jack L’Eventreur.

Mais pourquoi faut-il que les écrivains américains qui nous débitent in situ les pires horreurs ont toujours la dédicace cucul la prâline (et je ne parle pas de la page et demie parfois de « remerciements »)?

« A ma femme, pour son soutien inébranlable, son inspiration inépuisable, son amour indéfectible. »

C’est cet « indéfectible » qui me tue !

Thema: Coups de coeur | Kommentare (0) | Autor: D.Nauze

Un magicien qui leurre en série

Lundi, 2. novembre 2009 13:18

le magicien

Je n’ai pas pour habitude de dire du bien des commissaires divisionnaires. Ni du mal d’ailleurs. Mais il faut bien reconnaître que Jean-Marc Souvira a écrit un remarquable « polar » (étiquette générique ») avec LE MAGICIEN, collection Pocket.

Construit en contrepoint, d’un côté le flic, qui présente bien (double de l’auteur?). Il a deux enfants qui lisent au petit-déjeuner les étiquettes des céréales, une femme spécialisée dans les parfums (mais sans la noirceur de J-B Grenouille), discrète et aimante… Bref il n’y aurait pas d’histoire sans notre sombre tueur, sur lequel va tout l’intérêt (jubilatoire?) du lecteur et on peut le supposer, de l’auteur!

Souvira est un petit malin qui nous expose ce que Frédéric Dard (lettre personnelle) appelait sa « face d’ombre ». Sorte de catharsis si l’on veut et on le paie pour ça !

« Nous sommes très loin d’un génie du crime. Quelqu’un qui choisit ses victimes parmi les plus faibles ne prend aucun risque. Ce type d’enquête est difficile non pas parce que nous avons affaire à un esprit supérieur, mais parce que nous avons en face de nous quelqu’un de gris, d’inconsistant et d’ordinaire. »

Phrase-clé du bouquin. Mais le tueur dont nous partageons, de l’intérieur, le parcours, en fait n’est pas tout seul. Il est constamment « coaché » par des voix intérieures qu’il appelle ses « démons » (allusion à Dostoïevski?). Le procédé est ici  d’une grande efficacité.

Il va sans dire que littérairement parlant, nous sommes du côté du tueur, l’auteur aussi car c’est la partie la plus forte de son livre. Se mettre dans la peau d’un pauvre type consumé de haine, fût-il un assassin passablement déjanté et terriblement dangereux , le pied en somme !

Intelligent aussi le nommé Lécuyer puisqu’il a des talents de prestidigitateur (le magicien !). Il est en liberté conditionnelle et travaille comme plombier. Ses deux patrons l’épient sans cesse, disons que ce gringalet poli et transparent leur fout les boules sans qu’ils sachent exactement pourquoi. Le malaise, quoi !

Lire ce polar est une sorte de spéléologie sans grand risque pour le consommateur en chambre et curative, peut-être.

Chapeau, Souvira ! Par les roubignolles de saint Frusquin, on est loin d’un banal « Prix du quai des orfèvres » !

Thema: Coups de coeur | Kommentare (0) | Autor: D.Nauze