Haïku
Mardi, 31. janvier 2012 18:31
Catégorie: Création littéraire | Commentaires (0) | Auteur: D.Nauze
Mardi, 31. janvier 2012 18:31
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Mardi, 31. janvier 2012 11:08
Fiodor Zavalichine, surnommé si bien « Théo» (Dieu), est un émigré russe qui vit peinardement d’affaires plus ou moins licites et surtout de son industrie de cartes postales pornographiques jusqu’au jour où, dans un cinéma de quartier (on est à Paris durant l’hiver 1926), la vision du « Cuirassé Potemkine» le traumatise car il a participé, vingt ans plus tôt , à Odessa, à la répression du soulèvement et s’imagine avoir tué des innocents (scène des fameux escaliers).
Crime et châtiment, Dostoïevski étant une figure récurrente de ce court roman ?
Théo va essayer de se construire une rédemption sur mesure, à coups de pistolet et de brutalités diverses! Et l’on est davantage ici dans Tarantino que du côté d’Eisenstein. Il s’acoquine avec une jeune prostituée unijambiste, Mado, qui a juste treize ans (le thème pédophilique est suggéré au passage), meurtr!ère récidiviste dont le désir est de se rendre à Lourdes où un certain Frère Jérôme lui a promis de faire repousser sa jambe amputée et tant pis si c’est encore une jambe droite.
La seconde partie du roman participe en quelque sorte d’un « road movie» dans la France profonde (Vierzon, Cahors..) et Théo se sent pousser (c’est une obsession) un deuxième coeur, ce qui implique la présence d’un « troisième coeur» qui est bien sûr celui de Jésus Christ. Ces fantoches estropiés, quelque peu bouffons (épisode du casque), désespérés nous font penser aux personnages du « Sang Noir» de Louis Guilloux et bien sûr aussi à un Bernanos un chouia « relooké» en pulp fiction. « Livre stupéfiant» écrit la quatrième de couverture de Gallimard. Deo gratias !
Au-delà du folklore (où l’on frôle les BD de Tardi) c’est aussi un livre sur « la glace millénaire de la solitude» :
« …des murs de tous les côtés, et même si on sort de cette cellule, de toute façon, il y aura toujours de nouveaux murs autour, encore et toujours des murs, des couloirs étroits, de petites salles avec des plafonds bas et irréguliers et des taches de moisissure dans les coins, de petites cours intérieures jonchées de sable humide, et puis encore et toujours, des couloirs – froids, sales, déserts…»
De Iouri Bouïda il est aussi recommandé de lire : « Le train zéro» , paru en 1998. Bon voyage vers nulle part ! Et gardez la monnaie !
Catégorie: Coups de coeur | Commentaires (0) | Auteur: D.Nauze