Articles du novembre, 2011

Les indispensables du GOULAG

Mardi, 29. novembre 2011 15:17

Catégorie: Coups de coeur | Commentaires (0) | Auteur: D.Nauze

Je change d’apparence selon ma « légende» .

Lundi, 28. novembre 2011 11:03

Dans le jargon de l’espionnage, lire l’excellent « Légendes»  de Robert Littell aux éditions « J’ai lu» , une « légende»  est la personnalité, la biographie qu’endosse un agent secret pour telle ou telle mission . Attention ce n’est pas qu’un léger maquillage, on essaie de remonter jusqu’aux souvenirs intra-utérins de la nouvelle personnalité créée, tant et si bien qu’au bout du compte, l’espion a beau s’épier, il ne sait plus trop QUI IL EST VRAIMENT.


Catégorie: Fatrasie. Billevesées. | Commentaires (0) | Auteur: D.Nauze

Vladimir Zazoubrine : « Le Tchékiste»  (Christian Bourgois Editeur)

Samedi, 26. novembre 2011 14:13

La cave soupirait ou toussait :

- Allez-y-y-y.

Et les cadavres montaient, exhalés ou recrachés par la glotte fumante, telles des glaires ou de la bave visqueuse, chaude, jaune, bleue, sanguinolente. Et les hommes marchaient sur eux comme sur des glaires, des crachats, ils les piétinaient, les étalaient dans le camion. Ensuite, lorsque le dos des cadavres, refroidis et bleuissants, bossus comme des congères, commençaient à dépasser des bords du camion, on les recouvrait d’une bâche, grise comme la brume. (…) Puis le camion roulait vers le cimetière, gris dans le brouillard gris, secouant les rues et les maisons, tirant de leurs lits les gens de la ville qui savaient toujours tout. Les nez ensommeillés se collaient, s’écrasaient contre les vitres givrées. Les genoux s’entrechoquaient, les lits tremblaient, la vaisselle et les fenêtres vibraient, tandis que des yeux gonflés de sommeil, purulents, s’écarquillaient de peur, et que des bouches endormies, puantes, chuchotaient craintivement, dans une haine impuissante :

–  La Tchéka… ça vient de la Tchéka… C’est la Tchéka qui emmène sa cargaison…  (pp. 55-56)


Catégorie: Coups de coeur | Commentaires (0) | Auteur: D.Nauze

Réflexions sur le roman

Mercredi, 16. novembre 2011 12:44

Prenons un roman russe de 600 pages, par exemple le superbe « Roman»  (comme Polanski, c’est le prénom du personnage principal) de Vladimir Sorokine,  une fois que vous avez enlevé les patronymes à rallonges (Andreï Viktorovitch Kliouguine, Lidia Konstantinovna Voennikov, Varvara Mitrofanovna Ogourtsov…) , eh bien il ne vous reste plus qu’un texte de 500 pages.

Tout romancier non exclusivement urbain se doit de potasser , crayon en main, les épais manuels de BOTANIQUE car il faut savoir nommer les catégories d’arbres, d’arbustes, de buissons, d’herbes (folles ou non), de fleurs sauvages ou bien plus civilisées, etc… Le malheureux écrivain se dit :»  Ah, que tombe la neige, cela me simplifiera le travail !»  – car contrairement à certaines ethnies du cercle polaire, nous ne désignons pas, quant à nous, la neige par une cinquantaine de termes différents.

…» modeste épilobe ; gueule-de-loup grisante de tendresse ; laiteron frugal et droit, évoquant un guerrier moyenâgeux : solide et fielleux colza ; orchis alambiqués, comme taillés dans du bois de santal ; mille-feuille que l’on remarque à peine…»  « Roman» , page 195 et ce n’est qu’un extrait !

Quel labeur  a dû effectuer ZOLA pour décrire le « Paradou»  dans « LA FAUTE DE L’ABBE MOURET»  !


Catégorie: Création littéraire | Commentaires (0) | Auteur: D.Nauze

« LA VIE EST UNE MALADIE D’AVENIR»  (ARTE) L’APNEE DU SOMMEIL

Lundi, 14. novembre 2011 8:55

ARTE vient de produire un documentaire exceptionnel sur les « maladies à vendre» , c’est à dire les maladies que les grands laboratoires pharmaceutiques n’inventent pas de toutes pièces, certes, mais fignolent, piochant un symptôme de-ci de-là, pour créer un ARTEFACT plausible qui permettra de mettre sur le marché une molécule apparemment nouvelle. Le médicament est une marchandise comme une autre et on se garde bien d’inventer une molécule contre l’appât du gain !

Je vais prendre l’exemple de l’apnée du sommeil que je connais bien pour le vivre. Depuis un an je porte un masque nocturne (sans humidificateur) que me prête la maison ORKYN par l’intermédiaire de ma pneumologue. C’est gratuit, tous les frais (d’appareillage) sont pris en charge par la Secu. Sans doute je ronfle moins et sans doute ai-je moins d’apnées. Je crois ce que me dit le gentil technicien qui vient parfois me rendre visite. Et si j’en crois la vulgate, j’augmente ainsi mon espérance de vie…et celle des autres car je ne risque plus de m’assoupir au volant.

Seulement depuis la pose du masque je traîne un rhume  chronique et carabiné, vous croyez que c’est une coïncidence, Watson ? J’ai des éternuements à décorner les boeufs qui se répercutent jusqu’aux collines. Mon nez pisse en permanence et j’ai comme qui dirait trop souvent la larme à l’oeil, sans chagrin d’amour. La pneumologue m’a prescrit depuis plus d’un mois un humidificateur que j’attends toujours.

Alors, oui, on peut le dire, la vie est une maladie d’avenir. Mais ce n’est pas pour autant que nous cracherons les médicaments sans discernement. Depuis les années 60, bien des molécules ont apporté des bienfaits plus qu’appréciables dans le traitement de certaines maladies (le glaucome par exemple). Il est simplement dommage que ces incontestables succès servent de tremplin aux « filouteries»  minutieusement décrites par le documentaire d’ARTE.

ATCHOUM !


Catégorie: La traversée du quotidien. | Commentaires (0) | Auteur: D.Nauze