Articles du juin, 2011

Facebook « réseau social»  ou tremplin de « force de vente»  pour les auteurs / éditeurs ?

Jeudi, 30. juin 2011 10:44

Contrairement aux apparences, je suis un chat un peu naïf et surtout le matin, j’ai la comprenette un peu molle. Toutefois, j’étais un peu étonné de toutes ces bandes horizontales d’amis qui, dès potron-minet, ornent si l’on peut dire le haut de la « une» ,  la page dite d’accueil de Facebook. Et quand j’ai vu que même que les gens que j’estime (Bessa Myftiu, Laura Alcoba…) se prêtaient à ce petit jeu, j’ai eu mon « euréka» , mon « …mais c’est bien sûr!» .

Il est évident qu’un Sig Sauer sur la tempe de leurs poulains, l’éditeur ou son homme de main, suggère aux auteurs de racoler le plus grand nombre d’amis possibles, afin que ces derniers deviennent sinon des clients potentiels des livres à acheter, du moins des caisses de résonance(s). Ah, je suis ami, mais si, j’te jure, avec un écrivain sur FB, il / elle vient d’écrire un bouquin super, etc… Tu devrais le trouver à la FNAC ou dans une bonne librairie.

Dans la journée, on a droit aux annonces des salons du livre qui vont se tenir en Basse-Normandie, voirement dans le piémont pyrénéen. Des reportages sur les salons déjà tenus ou bien des réunions de jurys de sélection (le Prix Rive Gauche Paris par exemple). On y voit telle auteure (!) qui serre de près en photo le célébrissime Maxime Chattam. Boudiou !

Et puis sans aller chercher midi à quatorze heures, il y a de charmantes hirondelles qui font constamment, sans fausse pudeur, la promo DE LEUR PROPRE BOUQUIN. En avant les audacieuses, on en bouffe à tous les repas !

Tout cela est humain, me direz-vous. Mais un effet de sourdine, des propos plus allusifs ne seraient pas pour déplaire et qu’on mette la pédale douce sur la politique des bandelettes d’amis. On se croirait dans une officine où l’on momifie les gens.

Bref ce que j’en dis ou rien c’est kif-kif l’abricot puisque cette foire aux vanités va continuer de plus belle ! Avec sans doute, en « background» , des questions d’argent. De pèze, de grisbi.

Et c’est ainsi qu’Allah est grand.


Catégorie: La traversée du quotidien. | Commentaires (0) | Auteur: D.Nauze

Universitaires et petits profs de collège de banlieue

Mardi, 28. juin 2011 13:37

Les universitaires sont des gens très intelligents. La preuve, ils se sont débrouillés pour ne pas enseigner (en saigner) dans le secondaire, surtout en collège, voirement même en lycée vu que, paraît-il, c’est là aussi le couillencrac.

Le matin (enfin ils ne travaillent pas tous les matins à l’université, ils font de la recherche personnelle), ils se mettent un collyre qui fait briller leur regard, pour paraître plus intelligents aux yeux des inférieurs dans la hiérarchie (maîtres-assistants, ça existe encore ? maîtres de conférences).

Ils jaspinent un patois (je parle surtout des lettres) qui laisse pantois la comprenette, dans le temps c’était la « diégèse» , etc… Certains sont sortis de Normale Soupe, mais ceux-là sont plutôt nommés sur Paris. Les plus frileux qui n’ont pas choisi le privé, le journalisme ou la politique.

Et puis c’est pas des sédentaires (comme les petits profs de banlieue qui ne quittent leur collège que pour un séjour plus ou moins bref en CHS). Ils vont, tous frais payés, à des colloques de par le vaste monde, enfin vous avez tous lu David Lodge ! où ils font assaut d’intelligence avec d’autres loquedus de la même tribu. Mais leur secret espoir est de tremper leur petit biscuit dans un autre verre de champagne. Sinon à quoi bon faire ces milliers de kilomètres ?

Ces gens-là entrent rarement dans des « caissons de gratifications narcissiques» . Ils ont déjà tout sur place, surtout s’ils sont de surcroît écrivains, mais attention écrivains de moyenne importance, sinon cela créerait des jalousies, porteraient ombrage à certains collègues de haut rang qui gèrent en sous-main les carrières.

Des profs de collège de banlieue, que dire ? Leurs ordonnances médicales et leurs arrêts-maladie sont assez éloquents, parlent pour eux et il serait malséant de gloser davantage sur le malheur des hommes.


Catégorie: Humour noir | Commentaires (0) | Auteur: D.Nauze

Une poésie qui vient du froid : Emile Nelligan (Québec)

Lundi, 27. juin 2011 10:28

Après avoir dit pis que pendre de la poésie actuelle hier dans une de mes jaculations de Facebook, voilà que je tombe ce matin sur ce merveilleux « Soir d’hiver»  que Bessa Myftiu la veinarde nous a rapporté du Québec. L’auteur se nomme Emile Nelligan, pour nous un parfait inconnu estompé qui plus est par la neige qui tombe.

Pleurez oiseaux de février / Au sinistre frisson des choses / Pleurez oiseaux de février / Pleurez mes pleurs, pleurez mes roses / Aux branches du génévrier.

Ah ! comme la neige a neigé / Ma vitre est un jardin de givre / Ah ! comme la neige a neigé / Qu’est-ce que le spasme de vivre / A l’ennui que j’ai, que j’ai ?

Ah ! comme la neige a neigé / Ma vitre est un jardin de givre / Ah ! comme la neige a neigé / Qu’est-ce que le spasme de vivre / A la douleur que j’ai, que j’ai ?

Tous les étangs sont gelés / Mon âme est noire. Où vis-je ? où vais-je ? / Tous mes espoirs gisent gelés / Je suis la nouvelle Norvège / D’où les blonds ciels se sont allés.

Comme quoi une forme relativement traditionnelle peut réserver des bonnes surprises pour quelqu’un comme moi  pour qui la poésie s’arrête au minimalisme de Charlotte Delbo (après Auschwitz).

 

(Les strophes ne sont pas dans l’ordre. La faute à Bessa Myftiu et à sa présentation « pagaillouse»  sur Facebook. Je pense que l’ordre réel des strophes est 3 / 4/ 1/ 2… Pan sur le Québec !)

Catégorie: Coups de coeur | Commentaires (0) | Auteur: D.Nauze

J’écris un gros lexique de mes symptômes névrotiques (depuis une soixantaine d’années)

Dimanche, 26. juin 2011 11:10

Le concept de lexique suppose une liste alphabétique, de A à Z.

Bien sûr, à la lettre A on trouvera « Agoraphobie» , qui est un symptôme très invalidant, surtout si on doit se déplacer (seul !) pour aller chez le dentiste. On ne peut pas rester ad vitam aeternam claquemuré chez soi, caché sous son lit, surtout que ce foutu symptôme se conjugue très bien, paradoxalement, avec son « opposé» , à savoir la « Claustrophobie» .

Il en résulte que dans mon lexique, à la fin de chaque notion, il me faudra prévoir des « renvois» , ce qui devrait être assez facile si je bois du Coca cola.

Je ne vais pas vous encombrer davantage avec le saumâtre défilé de mes malaises à la fois psychiques et PHYSIQUES. Il vous faut une grande zone de flou artistique pour que vous ayez le désir d’acheter le livre à la FNAC.

Mon dernier symptôme est la « Zinzolinophobie» . Le zinzolin est une couleur d’un violet rougeâtre que l’on obtient d’un sésame qui n’ouvre aucune porte sauf celle de la folie mystique, avec transes et vomissements.

C’est pour moi la sinistre couleur de la Semaine sainte où il fallait cracher ses viscères à la sortie de l’église pour calmer l’ire de Dieu vu que ces empaffés de romains avaient crucifié son prétendu Fils.

Et c’est ainsi qu’Allah est grand.

 


Catégorie: Humour noir | Commentaires (0) | Auteur: D.Nauze

Refus du Goncourt des lycéens Séborrhéine de Clafoutis-Cerise s’explique

Samedi, 25. juin 2011 9:53

Cessons de prendre les messies pour des lanternes. Où avez-vous lu que les lycéens LISAIENT ? Même les premières dites « littéraires»  se bornent à ingurgiter « Le Profil d’une oeuvre»  dans la petite collection (rouge) Hatier (résumé du roman, pré-découpé et prêt à être ingurgité, gloses diverses pondues par des profs qui ont besoin de s’acheter une nouvelle tondeuse à gazon…).

Vous voyez des premières S, la filière d’excellence, ouvrir un bouquin de 500 pages qui n’est même pas au programme (donc pas de petit fascicule Hatier !), vu qu’ils sont complètement phagocytés par les maths et qu’ils resteront toute leur vie en dehors d’un minimum basique de culture romanesque, vous les voyez  devenir jurés d’un soi-disant prix littéraire ?

Non, non, ce sont des « ados de paille»  manipulés par des commerciaux rusés ayant un peu lu le dictionnaire et qui ne confondent pas « acné»  et « acmé» , voilà tout. C’est pourquoi je refuse cette galéjade et donc le prix afférent !

Vous remarquerez que par charité chrétienne, apostolaïque et romaine, j’évite de m’étendre sur les moeurs de la post-modernité lycéenne. Les poivrades du vendredi soir, la baise à plusieurs, même pas protégée, dans des salles de bains minuscules, les drogues douces ou moins douces, le tropisme visqueux de tous les jeux vidéo…

Ah donnez-moi un jury d’adolescents « d’autrefois»  comme chez Mauriac, d’angelots aux mains jointes et qui s’ennuyaient tellement, entre deux épisodes masturbatoires, qu’ils venaient à bout en un week-end des GRANDES ESPERANCES de Dickens.

Et c’est ainsi qu’Allah est grand.


Catégorie: Humour noir | Commentaires (0) | Auteur: D.Nauze