Articles du mai, 2011

« Bonne fête, maman !»  de la part de Jules Vallès, Jules Renard et Hervé Bazin

Dimanche, 29. mai 2011 11:26

On fait semblant de croire que l’amour porté par une mère à ses enfants est un fait aussi intangible que la loi de la pesanteur. Chez la chatte peut-être, mais chez les humains, il faudrait revoir sérieusement la barre à la baisse.

J’ai cité trois écrivains dont le moins qu’on puisse dire est que leur génitrice avait de sérieuses carences. La mère de Jules Renard appelait son fils (génial, celui du « Journal» ) le « pisseur d’encre»  et la maman de Poil de Carotte, ne l’oublions pas, pince son rejeton (rejetons !) quand il dort et quand celui-ci se réveille, elle lui dit :» Le cauchemar ! Tu as fait un cauchemar « .

Folcoche, dans « Vipère au poing» , suscite le matricide comme le miel attire les mouches. C’est une fieffée salope, n’ayons pas peur des mots. Une salope insubmersible.

Le cas de Mme Vingtras, dans « L’enfant»  de Jules Vallès (les jules outre le pissat attirent les marâtres !) est disons plus complexe. Il n’est pas impossible que quelque part elle aime un peu  son Jacques mais elle lui fait subir un tas de doubles contraintes, de doubles injonctions qui auraient donné du fil à retordre aux chercheurs de Palo Alto qui ont bien étudié le « double bind» , ce redoutable pourvoyeur de schizophrénies familiales.

Bonne fête, maman !


Catégorie: Humour noir | Commentaires (0) | Auteur: D.Nauze

L’auriCULaire ! Digression sur « L’Enfant»  de Jules Vallès

Samedi, 28. mai 2011 18:02

Dans ce livre à présent célèbre, madame Vingtras veut inculquer à son fils chéri (!) les bonnes manières. Elle lui fait donc donner des leçons de « comme il faut»  en lui recommandant surtout la « chasteté pour les mots» . Ainsi Jacques (Vingtras) qui a du mal à sourire en face de son dragon de mère, grimace et fait « la bouche en CHOSE de poule» . C’est Vallès qui souligne (nous avons mis ici des majuscules).

Sept lignes plus loin, c’est du cousu main ! Il faut bien que le refoulé fasse retour (comme dirait Freud ou Lacan) et ceci sous la forme d’un petit doigt : « l’auriculaire» . Somme toute, « l’horrible cul erre»  : auriCULaire.

D’habitude on se met (ou on vous met) le doigt dans le cul. Ici c’est le cul qui est dans le doigt !

Etonnant, non?



Catégorie: Humour noir | Commentaires (0) | Auteur: D.Nauze

Au bonheur des sigles : MEPDM = Mise en page de m…

Samedi, 28. mai 2011 11:15

Autrefois il y avaient des ermites qui passaient leur vie dans les glottes.


Catégorie: Humour noir | Commentaires (0) | Auteur: D.Nauze

Roberto Arlt, Alexandre Vialatte, Antonio Lobo Antunès, ou la presque fin des chroniques

Vendredi, 27. mai 2011 11:23

A l’heure d’Internet où l’info court plus vite que son ombre, de « breaking news»  en « breaking news» , où la presse écrite périclite lentement comme les belles tuberculeuses autrefois dans les sanatoriums, il est évident que le glas des « chroniques»  a déjà sonné.

La seule constante de la chronique, accueillie généralement par un grand quotidien, c’est le nombre de lignes qu’elle ne doit pas dépasser. Sinon on y peut parler de tout et de rien, et de préférence de rien, c’est à dire des tout petits sujets de notre vie quotidienne, qui , tout bien considéré, ne sont pas si anodins que cela.

Si je prends le sommaire de « Eaux-fortes de Buenos Aires» , de Roberto Arlt, un classique du genre,  je lis :  » Fenêtres éclairées» , « Conversation de café» , « Chaise sur le trottoir» … Le style de la chronique est un style, comme disait Montaigne, qui va « à sauts et à gambades» , avec parfois un ton faussement sentencieux pour mieux cacher la pirouette qui vient. « Dans le parc Rivadavia, écrit Roberto Arlt, il ne pleuvait pas, mais il y avait une humidité de tous les diables, à supposer que tous les diables puissent être humides.» 

Mais le champion de ce style sautillant, c’était sans conteste Vialatte . On peut piocher presque au hasard dans ses fameuses « Chroniques de LA MONTAGNE»  qui se terminaient toutes par la phrase-fétiche :»  Et c’est ainsi qu’Allah est grand.»  (Au temps où on pouvait parler d’Allah sans risquer sa peau !).

Vialatte est presque constamment jubilatoire : »  Car l’homme, à y bien réfléchir, n’est après tout guère plus incroyable que l’ornithorynque. Même s’il collectionne des limaces.  La preuve en est dans les journaux : il y a un irlandais qui en a  cinq mille espèces. Je refuse d’avance d’être son héritier.» 

Quant à mon vieil ami, Lobo Antunès dont le quatrième tome des chroniques vient de paraître au Seuil, disons qu’il se « lâche»  moins. Certains textes sont des esquisses de roman et son style reste celui d’un grand écrivain. C’est un peu dommage.

(Anecdote : Ma femme vient de crever en voiture dans la côte d’Estang. Appel à Bibi. Rapide échange de véhicule. Bibi seul avec l’épave, son téléphone portable déchargé et impossible bien sûr de dévisser les boulons. Résultat des courses : 7 kms à pattes pour regagner mon isba et pas un seul automobiliste ne s’est arrêté pour alléger mon chemin de croix. Salauds !)



Catégorie: La traversée du quotidien. | Commentaires (0) | Auteur: D.Nauze

Qu’on me porte un bidon d’essence que je brûle des mots tels « auteure» , « écrivaine»  et « gonzesse»  !

Jeudi, 26. mai 2011 10:24

Il y a des néologismes à gerber du type, c’est le pire, « auteure» , ou bien « écrivaine»  et le vieux bordeluche « gonzesse»  sur lequel j’ai lancé en vain plusieurs tueurs à langage.

Pourquoi vouloir à tout prix féminiser le vocabulaire ?

Ne peut-on considérer  que les mots « écrivain»  ou « auteur»  sont neutres et désignent aussi bien l’homme que la femme. Même si le neutre n’existe pas dans la grammaire française, sans doute parce qu’il fait mauvais genre. Capramerda fouchtra et balbuzon de la sornette !

(J’aime bien affoler la machine avec mes néologismes à moi, qui ne font de mal à personne).

Quant à « gonzesse» , le cas est désespéré.


Catégorie: Humour noir | Commentaires (0) | Auteur: D.Nauze