Jeudi, 10. février 2011 11:59
J’ai dévoré ce « page turner» avec la boulimie d’un adolescent acnéique, un chouïa puceau sur les bords. Il est vrai que le découpage des chapitres est de style feuilleteno-cinématographique à la portée d’un élève de CM 2, du genre : « Le chevalier ouvrit la lourde porte et ses cheveux se dressèrent d’horreur.» Cela marche à tous les coups, on veut connaître la suite.
Ce qui me turlupine dans ce roman (quelque peu gothique), ce n’est pas l’élucidation du fameux secret des Templiers, vu qu’on n’est jamais rassasié : ATTENTION UN SECRET PEUT EN CACHER UN AUTRE. Les Templiers auraient-ils fricoté avec la secte des Assassins, in illo tempore, pour acquérir une sorte d’immunité émotive et cérébrale qui vous rend tout puissant ?
La loge Kadosh Kaos, dans laquelle, frôlant la mort (du moins celle de l’âme) le commissaire franc-maçon Antoine Marcas va s’infiltrer, tendrait à prouver que le monde est de plus en plus gouverné par des non-émotifs, à l’empathie nulle, et dont l’initiation brrr! est parsemée de crimes rituels (supervisés par un psychanalyste !!!).
Le dernier chapitre est jubilatoirement « abracadabrantesque» vu qu’on s’aperçoit qu’un des derniers produits de la loge Kadosh est l’actuel locataire de l’Elysée (que je classerais plutôt pour ma part dans les agités des synapses :» Casse-toi, pauvre con !» ).
Ce qui me turlupine, voyez, c’est plutôt comment on peut écrire un roman à quatre mains. Hypothèses : Giacometti a rédigé les chapitres se passant à Saint-Jean-d’Âcre, aux 13° et 14° siècles et Jacques Ravenne s’est chargé des séquences d’aujourd’hui, à Paris et au Brésil. Mais je n’y crois pas. A moins que l’un soit chargé des adverbes, des adjectifs qualificatifs, des compléments circonstanciels et des virgules tandis que l’autre turbine dans les sujets (plus sujets inversés) les compléments d’attribution et les points. Je me perds en conjectures.
L’écriture à quatre mains, voilà un secret bien gardé qui ne laisse pas de me provoquer des insomnies. Beaucoup plus que les rituels maçonniques ou le fantôme calciné de Jacques de Molay.
