Articles du février, 2011

En ce moment je multiplie les conquêtes féminines!

Lundi, 21. février 2011 11:28

En ce moment, je multiplie les conquêtes féminines. Les brunes, les rousses, les russes, les blondes avec bout-filtre si elles sont mentholées. On pourrait aussi parler d’addiction, en plus de  multiplication. Mais attention, il n’y a pas de divisions dans mon harem. Une parfaite entente règne. Comme dans une fabrique d’hosties par un après midi de canicule.

Mais vient un moment où je suis obligé (difficile de s’y soustraire) de pratiquer la soustraction. LA FAMEUSE REDEVANCE DU FANTASME. Et le résultat des courses est un beau zéro, nib de nib, personne, sauf des lambeaux de pixels qui disparaissent dans la brume.

Pute borgne ! on la sentait venir, celle-là. Et de très loin, même. Mais on faisait comme si. On faisait comme si.

Catégorie: Humour noir | Commentaires (0) | Auteur: D.Nauze

« La vie en sourdine»  David Lodge (Rivages)

Vendredi, 18. février 2011 13:24

Le titre anglais « Deaf sentence»  est malheureusement intraduisible avec le calembour sur l’homophonie entre « deaf»  (surdité) et « death»  (mort).

Roman autobiographique quelque part puisque David Lodge est progressivement de plus en plus sourdingue. Et la surdité, mes frères, est source de comique, contrairement à la tragique cécité.

Il en résulte que tout au long de la « diégèse»  (comme dirait mon fils aîné, l’agrégé) la cocasserie est présente. Toutefois elle est toujours proche de l’émotion, de même que l’émotion est proche de la cocasserie.

« La vie en sourdine»  ne se réduit pas non plus à une oeuvre destinée exclusivement aux enseignants à la retraite, même s’ils y trouveront du grain à moudre, macache wallou !

Elle s’adresse à tous ceux pour qui les mots du poète ne sont pas lettres vaines.

« Dieu que la vie est quotidienne / Et du plus loin qu’on se souvienne / Comme on fut piètre et sans génie.» 

(Les embarras prostatiques du vieux père du narrateur sont plus vrais que nature. La bouteille en plastique qu’on fait suivre avec soi lors des longs trajets en voiture ou les désastres en liquidité, on s’est retenu jusque là, dès qu’on atteint une station service et ses commodités. Hilh de pute !).


Catégorie: Coups de coeur, Non classé | Commentaires (0) | Auteur: D.Nauze

Cumshots of Paradise

Lundi, 14. février 2011 17:10

Retraité cadenassé sur mon piton du Jars, dans le Bazar Manioc, où les solitudes font du surf sur les vagues du Rien (ou du pas grand-chose), il appert que ma vie est surtout une vie PAR PROCURATION.

Je vis dans le virtuel, autrement dit la fiction, romanesque ou filmique. On ne peut pas dire que le virtuel ne soit pas réel puisque des fortunes immenses se construisent sur sa chape mais enfin, ce n’est pas quelque chose que l’on puisse toucher, comme un réveil suisse ou un sein de femme.

Inversement, il faut reconnaître que par rapport au réel brut de décoffrage, brouillon, redondant et souvent informe, le virtuel, celui de la fiction par exemple, est passé par le tamis du STYLE et de la mise en forme.

Ce qui nous fait une belle jambe, fucking willows !

Catégorie: La traversée du quotidien. | Commentaires (0) | Auteur: D.Nauze

Eric Giacometti & Jacques Ravenne : « La Croix des Assassins»  (Pocket)

Jeudi, 10. février 2011 11:59

J’ai dévoré ce « page turner»  avec la boulimie d’un adolescent acnéique, un chouïa puceau sur les bords. Il est vrai que le découpage des chapitres est de style feuilleteno-cinématographique à la portée d’un élève de CM 2, du genre : « Le chevalier ouvrit la lourde porte et ses cheveux se dressèrent d’horreur.»  Cela marche à tous les coups, on veut connaître la suite.

Ce qui me turlupine dans ce roman (quelque peu gothique), ce n’est pas l’élucidation du fameux secret des Templiers, vu qu’on n’est jamais rassasié : ATTENTION UN SECRET PEUT EN CACHER UN AUTRE. Les Templiers auraient-ils fricoté avec la secte des Assassins, in illo tempore, pour acquérir une sorte d’immunité émotive et cérébrale qui vous rend tout puissant ?

La loge Kadosh Kaos, dans laquelle, frôlant la mort (du moins celle de l’âme) le commissaire franc-maçon Antoine Marcas va s’infiltrer, tendrait à prouver que le monde est de plus en plus gouverné par des non-émotifs, à l’empathie nulle, et dont l’initiation brrr! est parsemée de crimes rituels (supervisés par un psychanalyste !!!).

Le dernier chapitre est jubilatoirement « abracadabrantesque»  vu qu’on s’aperçoit qu’un des derniers produits de la loge Kadosh est l’actuel locataire de l’Elysée (que je classerais plutôt pour ma part dans les agités des synapses :»  Casse-toi, pauvre con !» ).

Ce qui me turlupine, voyez, c’est plutôt comment on peut écrire un roman à quatre mains. Hypothèses : Giacometti a rédigé les chapitres se passant à Saint-Jean-d’Âcre, aux 13° et 14° siècles et Jacques Ravenne s’est chargé des séquences d’aujourd’hui, à Paris et au Brésil. Mais je n’y crois pas. A moins que l’un soit chargé des adverbes, des adjectifs qualificatifs, des compléments circonstanciels et des virgules tandis que l’autre turbine dans les sujets (plus sujets inversés) les compléments d’attribution et les points. Je me perds en conjectures.

L’écriture à quatre mains, voilà un secret bien gardé qui ne laisse pas de me provoquer des insomnies. Beaucoup plus que les rituels maçonniques ou le fantôme calciné de Jacques de Molay.

Catégorie: Création littéraire | Commentaires (0) | Auteur: D.Nauze

France des pharmacies

Mercredi, 9. février 2011 12:03

« Presque chaque rue de la capitale, quand on la regarde de nuit, est illuminée par ces insignes verts. Si les Américains ont remplacé le paganisme par Hollywood, les Français ont suppléé au catholicisme par les pharmacies. Leurs croix latines sont tout ce qui reste d’apaisant dans nos vies féroces. (…) la déesse Temesta et le dieu Prozac, aux noms si gaulois (…) (p. 107)

Commentaire : De nuit comme de jour, amusez-vous (!) à chercher une pharmacie à Amsterdam.

Catégorie: La traversée du quotidien. | Commentaires (0) | Auteur: D.Nauze