Articles du novembre, 2010

Petites orgies entre filles dans une huître perlière

Vendredi, 19. novembre 2010 12:00

On ne saurait les dire lesbiennes, étiquette qui implique le long terme et l’exclusivité. Comme pour les attachées de préfecture et les principales-adjointes.

Non, ce sont les petites soeurs d’Aphrodite, qui explorent, tâtent et tâtonnent en apnée hypodermique.

C’est le chant de la peau avant les attaques du Temps.

Filles de l’écume, de l’écume et de la salive. Et des embruns

Ce sont des éphémères et cette idée déplaisante, elles l’ont remisée au fond d’un placard d’étudiante.

CARPE DIEM.

Catégorie: La traversée du quotidien. | Commentaires (0) | Auteur: D.Nauze

« Piège nuptial» , Douglas Kennedy, Pocket

Mercredi, 17. novembre 2010 15:38

Le titre de ce court roman de Douglas Kennedy est bien sûr un peu redondant (notons qu’une première traduction, parue dans la Série noire, s’intitulait « Cul-de-sac» ).

L’écriture incisive et directe (au sens pugilistique) fait penser au « Facteur sonne toujours deux fois»  de James Cain. Quant aux personnages, ploucs de ploucs de ploucs de ploucs, ils ont la saveur des héros d’Erskine Caldwell dans « La route au tabac»  ou « Le petit arpent du bon Dieu» . Soue, dépotoir, chicots, graille à gerber, bref un univers glauque et gore.

Dragué et drogué par une plantureuse auto-stoppeuse qui chasse le mari (plus rare que le kangourou), le héros,  journaliste à la dérive traversant le bush australien en camping-car (quelle idée!), se retrouve prisonnier (au début stricto sensu) dans un bled perdu de chez perdu, où ça sent surtout la merde, toutes vidanges confondues, les charognes  pourrissant au soleil, où les autochtones ont des QI de verrats et de truies, et surtout où le plus proche village est à 700 kms, chié !

Comment sortir de ce traque-dard nuptial et sordide (ah, il y a de la fornication avec la géante attrape-gogos, lasse de servir de dégorgeoir à sa propre famille), tel est le thème de ce court roman dont Douglas Kennedy tire les ficelles ô combien graisseuses, incestueuses et lourdes de cambouis. Un ouvrage qui ne doit pas être conseillé par l’office du tourisme australien. Banqueroute et chignole !

Catégorie: Coups de coeur | Commentaires (0) | Auteur: D.Nauze

Une ruse de Conan Doyle (ou de son inconscient may be) pour qu’on n’y voie que du feu !

Jeudi, 4. novembre 2010 12:13

Exaspéré qu’on l’emmerdât (ses lecteurs) afin qu’il ressuscite son extravagant détective qui commençait à lui grignoter sérieusement les roubignoles, Conan Doyle ressuscite donc Sherlock Holmes dans son livre le plus connu (et méconnu), LE CHIEN DES BASKERVILLE.

Ah, tas d’empaffés, vous en redemandez, vous allez être servis!

Je vous renvoie à ma chronique d’hier (= voir + bas) sur la contre-enquête menée par Pierre Bayard, qui montre que « Le Chien des Baskerville »  n’est ni (nenni!) un conte fantastique, mais Conan Doyle l’admet, ni, ce qui est plus surprenant, un récit policier. C’est une remarquable histoire criminelle avec « effet de sourdine»  qui a leurré des trains entiers de lecteurs, qui n’ont jamais découvert le QUID de la VERITABLE machination. Ni la main criminelle qui hante la lande de Dartmoor. Ah ! Ah !

Cela pourrait s’intituler : « La revanche d’un auteur à succès enquiquiné par ses fans» .

Sapristi !

Catégorie: Création littéraire | Commentaires (0) | Auteur: D.Nauze

« Elle est menteur, mon cher Watson!»  Pierre Bayard:» L’ Affaire du Chien des Baskerville» , Editions de Minuit

Mercredi, 3. novembre 2010 15:23

Eh bien la démonstration de Pierre Bayard est implacable : l’assassin du fameux roman de Conan Doyle, « Le Chien des Baskerville» , court toujours (c’est une façon de parler). Alors que le récit policier a toujours une solide clôture « in fine» , Conan Doyle produit ici (à l’insu de son plein gré?) ce qu’Umberto Eco appellerait une « oeuvre ouverte» .

Professeur de littérature à Paris-VIII et également psychanalyste, Pierre Bayard pense que les personnages de fiction ont une part de réalité et qu’inversement, les gens comme vous et moi (surtout moi) sont en partie fictionnels. « Tout se passe comme si certains lecteurs avaient élu domicile dans le domaine de la fiction.»  Bien vu, Votre Honneur !

Au-delà du bric à brac fantastique du CHIEN DES BASKERVILLE (ce monstre phosphorescent issu des régions infernales) et des lunettes bien trop carrées de Sherlock Holmes, (sans parler de la sympathique idiotie du Dr Watson, qui doit être encore puceau), une autre histoire se donne à lire, dès le début. Et il faut être miraud pour ne pas s’en apercevoir, c’est si l’on veut quelque chose de semblable à l’inconscient du texte, notion théorisée jadis par Jean Bellemin-Noël. Et comme chacun sait, ce qu’on a sous les yeux, on ne le voit pas (sauf les seins de Lola).

Vivez des moments de jubilation et d’orgasme cérébral intense avec ce que Pierre Bayard appelle « la critique policière» .

Le dernier N° de la revue LIRE (pp. 52-53) consacre deux pages à cet auteur, (ancien normalien avec un père cadre à la SNCF et une mère au foyer, les miracles, ça existe et que « les gens ne savent pas où situer»  (c’est  un peu comme  moi).

Catégorie: Création littéraire | Commentaires (0) | Auteur: D.Nauze