Articles du mai, 2010

« L’Ombre du vent» , Carlos Ruiz Zafon et « Promenades dans la Barcelone de l’Ombre du vent»  (collectif)

Mercredi, 12. mai 2010 17:14

Quel bouquin, pute borgne, pour parler comme le commis de librairie, truculent personnage, des Sempere. S’il y a un absent de marque dans cette ténébreuse affaire, c’est je crois, le soleil. Tout se passe la nuit ou dans les brouillards du petit matin, il pleut, il neige, bref.

« L’ombre du vent»  marie tous les genres, sauf le genre ennuyeux. Le mécréants qui se plaignent de certaines longueurs font un contresens sur l’essence même de la littérature, une parole oblique qui jouit de ses méandres. Livre sur les livres et la littérature, ce roman nocturne est proprement éblouissant. On pense souvent à Garcia Marquez (celui de « L’Amour au temps du choléra» ) et à bien d’autres, tant un roman est avant tout une chambre d’échos.

Le lecteur peut d’autre part bénéficier d’un guide, ouvrage collectif auquel a participé Carlos Ruiz Zafon : « Promenades dans la Barcelone de l’Ombre du vent» , avec gloses, croquis, etc. sur l’espace du roman, calque d’une réalité urbaine qui est celle de la Barcelone des années troubles du franquisme. Ralentir, chef d’oeuvre.

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Catégorie: Coups de coeur | Commentaires (0) | Auteur: D.Nauze

« Je me ferais bien une terrasse…» 

Dimanche, 9. mai 2010 16:11

Le Bazar Manioc (32) est une petite Patagonie où ne poussent que des ermites. Tout à l’heure, dans un roman, un personnage, citadin perdu dans une campagne profonde, disait ceci : « Je me ferais bien une terrasse…» 

Moi aussi, je me ferais bien une terrasse. Mais avec le nuage de cendres, difficile d’entreprendre un vol PAU-ORLY, pour aller boire un demi au « Cavalier bleu»  (qui fait l’angle de la rue Rambuteau et de l’agora de Beaubourg). Autant aller boire là-bas si j’y suis. Ay misayre !

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Catégorie: La traversée du quotidien. | Commentaires (0) | Auteur: D.Nauze

Le stylo qui n’avait plus d’encre

Samedi, 8. mai 2010 10:49

Un jour Jésus dit à ses disciples : j’ai connu un scribe dans la région d’Hébron qui, à cause du blocus israélien, n’avait plus d’encre dans son stylo. Les cartouches sur Internet se vendaient à un prix pharamineux et les colis étaient interceptés par les services secrets du Mossad. A quoi bon continuer à écrire en blanc sur des pages plages, se disait notre scribe désespéré.

Je lui ai donc conseillé de cultiver son jardin et d’y faire pousser des tomates, des aubergines et des petits pois. Car en vérité, il y a des événements contre lesquels on ne peut rien et inutile d’invoquer Mon Père là-haut, il n’arrête pas de boire du café depuis qu’il a chouravé à George Clooney sa machine miraculeuse NESPRESSO (on m’a conseillé de mettre quelques pubs dans les Evangiles, ça rapporte pas mal et cela va nous permettre d’améliorer l’ordinaire).

Pour en revenir à mon scribe (je suis un peu comme Montaigne, j’aime les digressions), en vérité, en vérité, je vous le dis, si vous avez encore de l’encre dans votre stylo, dépêchez-vous d’écrire tant qu’il est  temps.

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Catégorie: Religion décalée | Commentaires (0) | Auteur: D.Nauze

Deux camarades de jeu : Staline et Ossip Mandelstam ?

Jeudi, 6. mai 2010 9:49

Le roman (?) de Robert Littell : « L’hirondelle avant l’orage»  est un bouquin superbe, sublime même, c’est à dire infiniment  plus élevé que le seuil (« limen» ) d’une honnête médiocrité.

La polyphonie, adroite et subtile, fait avancer l’intrigue vers un dénouement plus que prévisible. Mais les rapports entre le maître du Kremlin et le poète dissident (quel pléonasme!) sont d’une grande complexité. On peut parler d’une fascination réciproque entre le dictateur et le poète, au-delà des machines répressives, du KGB et de la sinistre Loubianka.

On peut compléter ce voyage en « Absurdie»  en lisant les cent premières pages du roman de Marc Dugain : « Une exécution ordinaire»  (Folio).

Le lecteur de romans est un curieux ectoplasme. J’irai jusqu’à dire que dans le confort protégé de sa bulle de lecture (la Tchéka ne viendra pas l’arrêter dans la nuit), il est le dernier des staliniens !

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Catégorie: Coups de coeur | Commentaires (0) | Auteur: D.Nauze

Kafkaïen, ubuesque, d’une synonymie de l’absurde

Lundi, 3. mai 2010 11:33

Dans la synonymie de l’absurde, « kafkaïen»  est devenu incontournable, surtout après la mort de Kafka (1924). Kafkaïen, c’est un absurde froid, comme les couloirs de la Lubianka, à Moscou, siège de l’ancien KGB. C’est un goulag au printemps quand la neige commence à fondre sans le moindre signe d’espoir. Il n’est rien de pire que la neige qui fond.

« Ubuesque» , avec son air de bric à brac, apparaît plus chaleureux, disons plus tiède, difficile d’oublier le Père Ubu. Ubuesque c’est comme une « banda»  qui aux fêtes de Vic-Fézensac s’écroule dans sa propre cacophonie et son vomi. Ce n’est pas kafkaïen du tout.

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Catégorie: Création littéraire | Commentaires (0) | Auteur: D.Nauze