Articles du 24. février 2010

La parole suffit-elle pour « guérir»  les troubles psychiques?

Mercredi, 24. février 2010 11:48

freud

Mon lectorat étant pratiquement à sec, à croire que tout le monde petit-bourgeois est sur les pistes de ski et il n’est pas facile de négocier une descente avec un ordinateur portable dans les bras, je vais donc parler dans le désert, ce qui est reposant, à condition de ne pas oublier le petit grain de sable qui parfois suffit à gripper la machine.

La psychanalyse, on le sait, est sinon anti-médicamenteuse du moins a-médicamenteuse, son présupposé étant que la parole peut « guérir» . Depuis l’apparition des derniers psychotropes de masse, LEXOMIL, et tous les dérivés de la planète PROZAC, on est un peu moins affirmatif en ce qui concerne le primat de la parole.

On a pris conscience que notre pychisme est comme une usine chimio-électrique, et qu’une épiphanie du type EUREKA ne va pas forcément modifier fondamentalement le noeud complexe des fils électriques ou le chaudron chimique imbriqué dans l’inconscient . Pour parler plus clairement, eh oui, beaucoup de symptômes pour lesquels on était venus naïvement consulter, BEAUCOUP DE SYMPTOMES PERDURENT.

J’entendais l’autre jour , à la radio de ma voiture, un psychanalyste qui disait que si la parole pouvait littéralement rendre malade (psychosomatisation), eh bien, inversement, elle pouvait « guérir» . Je ne suis absolument pas convaincu par ce parallélisme.

Que la parole, dans le cercle familial ou le milieu professionnel, soit souvent mortifère, qui le nierait? On dirait qu’elle profite de câbles, de circuits qui n’attendent qu’elle. Comme le dit si bien Kafka, « la flèche s’adapte à la blessure» . Mais en sens inverse, un discours qui vous valorise glisse souvent comme une goutte d’huile sur une feuille de laitue, c’est un bel emplâtre sur une jambe de bois, bref on mesure vite les limites, chez les gens atteints d’une macédoine névrotique, on mesure vite les limites, dis-je, de la méthode COUE. OUAIS! Je suis donc pour un PACS raisonnable entre par exemple la fluoxétine et la parole de l’analysant.

Catégorie: La traversée du quotidien. | Commentaires (0) | Auteur: D.Nauze