PLUS « bluesy» que moi tu meurs : « Le Palais d’Hiver» de Roger Grenier, « Un été 42″ d’Herman Raucher.
Samedi, 16. janvier 2010 15:26
Il est bon parfois de faire une cure de mélancolie et je ne connais pas de romans plus cafardeux que ceux que je signale ici. Je ne me lasse jamais de relire l’incipit du» Palais d’Hiver» de Roger Grenier, paru chez Gallimard en 1965. Au fond, le vrai personnage et c’est vrai aussi de l’oeuvre d’Herman Raucher, c’est le Temps qui passe, ni temps passé ni les amours reviennent et le terrible anonymat des vies ordinaires. Badaboum!
« Il y a des êtres, dès la première rencontre, je les reconnais comme s’ils étaient déjà des personnages de mes livres. Celui-là, me dis-je, on ne peut pas s’y tromper, il est à moi. D’autres peuvent collectionner des statues nègres, des timbres-poste, des maquettes de voiliers. Moi, ce sont ces hommes, ces femmes. Qui en voudrait? Ils furent jeunes, la vie les a rejetés. Ils gardent, à travers les masques de la vieillesse ou de la déchéance, l’air du premier jour où leur respectabilité fut bafouée. Je les trouve dignes pas tellement de pitié, mais d’amour. Nous sommes à leur image. Malgré nos prétentions, nous avons un mal infini à nous convaincre une bonne fois que la vie n’a aucun sens, qu’elle n’est même pas une farce amère, qu’il est inutile d’accuser la méchanceté d’un dieu, que toutes ces larmes nous sont infligées pour rien et par rien.»
Catégorie: Coups de coeur | Commentaires (0) | Auteur: D.Nauze





