Silurpice Brekkenbrag et la « science des rêves»
Jeudi, 17. décembre 2009 15:05
Très attendue, au mois de janvier, la conférence de Silurpice Brekkenbrag sur « la science des rêves» . Bien sûr le titre vous rappelle cet admirable professeur viennois, tellement passionné par son sujet qu’il en fit un « burn out» , comme on dit aujourd’hui, qui lui calcina la mâchoire.
Silurpice est formel, dans le rêve, en tant que focus principal, que vous ayez choisi la méthode syllabique ou la méthode globale, ou un mixte des deux, IL EST IMPOSSIBLE DE LIRE QUOI QUE CE SOIT D’INTELLIGIBLE. Et à fortiori d’écrire. (C’est pourquoi les rêves d’examens écrits sont un véritable supplice relevant de la lenteur et de l’absurdité de pousser un landau sous l’eau).
Le rêve, la plupart du temps, est uniséquentiel, bi à l’extrême rigueur. C’est à dire qu’il ne s’attarde pas, préfère l’embryon, pour ne pas dire l’avorton, à une séquence linéaire, somme toute une histoire.
Quoi de plus frustrant qu’un rêve érotique dont le rêveur sait pertinemment qu’on va « fader» (de l’anglais « fading» , terme adopté par Roland Barthes = dilution, évanouissement, voir Eurydice quand Orphée se retourne) à autre chose.
Le rêve est un pervers polymorphe car s’il surfe vitesse grand V sur ce qui pourrait se révéler agréable, en revanche sur la notion d’OBSTACLE, eh bien mon pote, il s’attarde, il en rajoute, des escaliers, des labyrinthes sans fin, des galeries marchandes en construction alors que dans la séquence qui précédait on était à une porte entrouverte de l’objet du désir, avec ses taches de rousseur, ses poses alanguies à la Rita Hayworth (l’inconscient date un peu, il ne connaît pas le temps ni les dates de péremption).
Je suis sûr que la conférence de Silurpice Brekkenbrag sera un événement pour la communauté scientifique qui a tendance à mépriser le Bazar Manioc. Que d’intuitions lumineuses sur la mécanique des rêves alors que le vulgue homme Pécus prétend, cet imbécile, qu’il ne rêve JAMAIS.
Parlez-en autour de vous au lieu de courir après les BUZZ débiles d’Internet, quand cette chronique, l’autre jour, n’avait que quatre visiteurs ( c’est à dire o,5. Vous imaginez le pauvre hère retenant sa tripaille avec ses mains, le bas corporel englué d’immondices, en train de déchiffrer avec le haut la « substantifique moëlle» de ces chroniques apparemment fatrasiques).
Catégorie: La traversée du quotidien. | Commentaires (0) | Auteur: D.Nauze


