Articles du 22. octobre 2009

Leurres, petits leurres

Jeudi, 22. octobre 2009 10:37

siné

Je ne sais plus quel philosophe (Schopenhauer peut-être) a comparé le dialogue humain à cette triste mascarade : deux hommes en train de traire un bouc avec une passoire et ensuite, oui madame, ils se disputent pour le partage du lait !

Eh bien quand on est pessimiste et qu’on va (c’est l’étymologie) au fond des choses, quand on ne se contente pas de surfer sur les ersatz, le factice et la frivolité, il faut bien se rendre compte que l’ordinateur n’a guère apporté de progrès à la chose !

Trois jours sur « FACEBOOK»  m’ont conduit aux urgences psychiatriques avec injection massive de Valium.

Je vais mieux. Le docteur Spielvogel me permet de me promener dans les jardins où je peux cultiver les fleurs de rhétorique, le chiasme, l’antithèse, l’oxymore. Ah, l’oxymore, cela vous shoote les synapses sans trop d’accoutumance, peu nocive par ailleurs.

Je viens bientôt retrouver mon ermitage dans le Bazar Manioc. C’est un endroit virtuellement désert et désertiquement virtuel.

Un peu comme cette vieille série télévisée, vous savez, « Le Prisonnier» , à part qu’ici il n’y a pas d’habitants (De quoi te plains-tu? me dit la marre-quizz, tu manges à ta faim et tu as des draps propres !).

Si vous avez dans l’idée de vous échapper, un immense bulle de savon apparaît à l’horizon, roule sur elle-même et vous gobe en cinq sec. Dans la série télévisée, la bulle n’était pas irisée, parce que le film était en noir et blanc.

Quand on dit « noir et blanc» , en fait cela signifie « gris, grisaille» , comme l’existence. Bientôt la Toussaint, macrédious, je hais cette période et les marchés aux chrysanthèmes. Le docteur Spielvogel (je suis le seul à savoir qu’il s’est évadé d’un roman de Philip Roth : « Le complexe de Portnoy» ) s’avance vers moi avec un sourire de circonstance :

- J’ai signé votre bulletin de sortie. Mais à l’avenir, évitez d’aller sur « FACEBOOK»  !

Catégorie: Humour noir | Commentaires (0) | Auteur: D.Nauze