Articles du 12. septembre 2009

Tortilla fiat! ou les omelettes aux pommes de terre de ma mère.

Samedi, 12. septembre 2009 13:56

zénobie zen ou bien

Ma mère avait (l’imparfait indique qu’elle est morte, mais quand ? dans les années 90 peut-être, l’inconscient ignore superbement le temps), avait, dis-je, une spécialité culinaire sublime, qui était l’omelette aux pommes de terre, baveuse mais sans trop , et bien persillée.

Aucune de mes six femmes successives n’a réussi à cloner les omelettes de ma mère. Aucune !

Ce matin, au supermarché de Cazaubon, j’ai acheté une minuscule tortilla et j’ai décidé que c’était un avatar, une hypostase de ma mère. C’est pourquoi je l’emporte partout avec moi et je lui adresse la parole peppermaintes fois, car mes lecteurs savent déjà que je vis dans un isolement à se bouffer les couilles de rage.

- Mais non, maman, fais-je en tapotant la tortilla, je ne m’énerve pas, l’écriture en rajoute toujours un peu, C’EST UNE MISE AU NOIR, ne te fais pas de souci, reste sous ta cellophane.

Je me demande s’il n’y aurait pas là le canevas d’une pièce de théâtre, le fils monologuant avec sa mère qui a pris la forme d’une tortilla. Un fils a tant à dire à sa mère qu’on pourrait aisément dépasser le temps de la représentation du SOULIER DE SATIN de Claudel. Macache wallou !

Catégorie: Création littéraire | Commentaires (0) | Auteur: D.Nauze

La cadenasse

Samedi, 12. septembre 2009 10:12

musée

Proche parente du cadenas, dont on pourrait croire d’ailleurs qu’elle en est le versant féminin, la cadenasse est un monstre grillagé et gluant qui fait de sournois ravages dans les eaux toujours un peu troubles de la vie sociale.

C’est un peu la thématique du piège qui est très présente et prégnante dans les contes et nouvelles de Maupassant, le « mauvais passant»  (putaing, parfois j’écris comme si j’étais dans une copie de dissertation, à l’agreg de Lettres modernes!).

Bien sûr, inutile de préciser que l’entrée dans une cadenasse se fait en sourdine et en douceur. Vous vous imaginez dans un car climatisé affrêté par FRAM ! Et quand vous serez arrivés à la réception de style militaire du goulag mou, il sera trop tard, vous serez déjà un ZEK poussant une birouette pleine de caillasse, comme les Dalton.

(Le ZEK est le pensionnaire du goulag, il n’y a pas de demi-pensionnaire, d’où l’expression « enculé à zek» , colossale finesse !).

Et voilà le travail !

Catégorie: La traversée du quotidien. | Commentaires (0) | Auteur: D.Nauze