En marge de Tihbérine
Mercredi, 8. septembre 2010 11:27
Vu son extrême solitude, l’ermite est bien plus narcissique que le moine. La nuit, il se faufile dans les casses automobile pour chouraver des rétroviseurs (un peu cabossés) qu’il attache au tronc des arbres autour de sa thébaïde, (le sens de ce mot se trouve dans le dictionnaire).
Ainsi l’ermite peut mesurer quotidiennement son taux de solitude, de délaissement dans lequel il vivote, ce que Bachelard (philosophe barbu qui ressemblait à Dieu) eût appelé un « cosmos rabougri », voyez, une sorte de noyau de pêche.
L’ermite n’est pas à l’abri non plus de l’hypocondrie ou des troubles obsessionnels compulsifs. S’il bat sa coulpe, « mea culpa » trois cents fois au lieu de neuf occurrences par exemple, mea culpa que multiplie 9, on peut effectivement parler de TOC. Il est conseillé de prendre chaque matin deux gélules de fluoxétine (soit 40 mg).
La chasteté n’est pas un problème majeur car, on a beau dire, l’âge est là, qui modère les ardeurs de la lubricité. Pratiquer l’onanisme dans une coquille d’escargot est une sotte entreprise, je ne vous le fais pas dire.
Bon, d’un côté l’ermite (qui peut être marié d’ailleurs), de l’autre les moines qui vivent avec leurs frères et chantent souvent (même la nuit, ce qui vous évite les apnées du sommeil) les louanges du Seigneur. Amen.
Thema: La traversée du quotidien. | Kommentare (0) | Autor: D.Nauze






