« Les Visages» de Jesse Kellerman, étiquette à changer.
Ce n’est pas parce que papa maman écrivent des « thrillers» que le bouquin du fiston se doit d’être un « thriller» , par les burnes de saint Pandelon ! Le meilleur « thriller de l’année» écrit le NEW YORK TIMES qui, je vous l’accorde, n’est pas le « Herald Picayune» .
Il n’empêche, on frissonne (« to thrill» = frissonner) rarement dans cette narration rusée qui flirte avec le genre certes, mais avec une distanciation ironique.
Il nous reste une belle saga familiale, avec ses secrets, ses non-dits, ses cadavres dans le placard, une peinture documentée du petit monde de l’art contemporain à New York, des galeristes et Jesse Kellerman a un véritable talent d’écrivain, au niveau de la phrase, du paragraphe, du chapitre.
En définitive (comme disait il y a bien longtemps l’abbé Ménard, curé de Vayres), l’ouvrage de Jesse Kellerman est bien plus proche du « Déclin de l’Empire Whiting» de Richard Russo que de « Dragon rouge» ou du « Silence des agneaux» .
Il faut savoir ce que parler veut dire, prépuce !

