Les remords de Bucéphaline

(L’épisode I incipe dans le blog Bietdazou. Clique donc !)
Alors que j’estois aux portes de l’au-delà dans la forêt de Malemort, essoufflé comme un phoque qui vient d’être recalé au brevet des collèges, Bucéphaline avoit disparu en tortes voies dans les bois profonds, incapable de me porter secours vu que dans le civil elle occupe des fonctions d’aide-mire libérale.
Son compaing gueuloit comme une corne de brume mais en ces régions côtières la mer avale les sons. La marre-quizz du Net se demandoit si c’était du lard ou du cochon, mon piteux état je veux dire, eh bien les deux, madame, les deux ! Et votre amie Bucéphaline a été avalée par l’enchanteur Merlin !
Le compaing estoit fatigué, autrement il m’auroit porté sur ses épaules. Hélas, je ne suis pas un foetus de paille, je pèse un âne mort et mieux valoit me laisser dans une ornière ou un marigot en priant Dieu qu’il veuille bien absoudre mes péchés. (Quoique, porter le Christ sur ses épaules n’est pas un mince honneur, on devient ainsi littéralement un « christophore» …)
Le soleil brilloit dans le ciel comme une enclume en plein travail. Je ne sais comment nous arrivâmes dans un village. L’église avoit un bénitier qui me permit de me désaltérer et de faire quelques ablutions. Et qui vis-je sur un prie-Dieu en train de demander pardon? Bucéphaline qui se griffoit le visage et déchiroit ses vêtements. C’estoit un spectacle pitoyable, au sens de « digne de pitié» . Mon Dieu !
(A suivre)
