Les grands mystiques sont des emmerdeurs.


Je n’ai pas connu personnellement Catherine de Sienne. Je ne suis qu’un ermite de troisième division assigné à résidence dans le Bazar Manioc, c’est dire le fossé qui nous sépare.
Il y a des saints pépères comme des notaires de province et puis il y a les « mystiques» qui ont un branchement direct sur l’Internet céleste. Les mystiques sont généralement auto-proclamés, ce qui est un truc génial pour éviter les aléas de la hiérarchie et d’un avancement à l’ancienneté.
Les mystiques envoient quotidiennement des e-mails et des fax à la sainte trinité divine, avec une préférence pour Jésus-Christ car l’iconographie occidentale le représente avec un duvet blond en guise de barbe.
Inutile de préciser que les papes, qui sont de hauts fonctionnaires, apprécient assez peu les mystiques. S’ils n’en tenaient qu’à eux, ils les feraient bien griller sur un beau bûcher avec les sorcières de service et autres templiers (ils ne sont pas clairs, ceux-là!).
Catherine de Sienne était une grande anorexique qui n’arrêtait pas d’enquiquiner le pape Grégoire VI pour qu’il quitte Avignon (où il y avait du bon vin) pour regagner Rome le plus fissa possible. Mais de quoi se mêlait-elle celle-là? Bientôt, elle prétendrait avoir attrapé la Vierge dans un filet à papillons !
Aujourd’hui, la folie mystique s’est estompée. Il nous reste le CAC 40, les traders et les golden boys. Alléluia !
