Mes occupations.
Mon occupation essentielle dans mon isba du Bazar Manioc est de porter (dans le coffre de la voiture) les ordures aux containers au garde-à-vous, tels des soldats limogés de la garde suisse, dans ce chemin vicinal dont j’ai oublié le nom, « Untermenschstrasse» peut-être.
On ne saurait dire que tous les parfums de l’Arabie se sont donné rendez-vous dans un tel site, dont la désolation caca d’oie pourrait donner lieu à un concours de superlatifs.
Le container des berteilles, lesquelles ne sont pas censées puer, est situé sur la place du village, à quelques encablures du monument aux morts minimaliste (il y a toujours eu si peu, si peu de monde dans ce petit bourg).
Le carillon parfois produit par le verre qui se brise n’est pas sans rappeler la sonnette du jardin du Narrateur , dans « Du côté de chez Swann» , quand quelqu’un (Swann peut-être) venait rendre visite à sa grand-mère, la grand-mère du Narrateur (c’est bien avant l’épisode le la madeleine).
Les autochtones cachés derrière leurs rideaux qui ont connu des époques lointaines doivent se dire que nous sommes des poivrots, macache wallou ! Bren sur vous, espions à la petite semaine !
Quand j’ai terminé mon solo de berteilles en sol mineur, j’esquisse un demi-tour avec ma voiture, une longue ellipse (il n’y a person’ Alexanderplatz) et c’est le moment le plus jubilatoire. L’isba m’attend, comme une « cadenasse» , mais j’ai des berteilles de blanc sec, n’est-ce pas, Adèle?
