« Les détectives sauvages» , Roberto Bolano, Folio, 930 pages

Macrédious, quel bouquin, surfer pendant plus de 900 pages sur un concept devenu totalement obsolète par chez nous, savoir la poésie qui s’écrit, qui s’édite… Il n’y a que la folie latino-américaine pour ressusciter de tels fantômes !

On se demande qui sont ces « détectives sauvages» , peut-être ceux qui cherchent la trace de Cesarea Tinajero , poétesse mythique du « real-viscéralisme»  qui s’est diluée, telle Eurydice, dans le désert de Sonora. Bien sûr, le titre « Le cercle des poètes disparus»  n’était pas libre, loin s’en faut.

Mais nous voyageons beaucoup dans le roman de Roberto Bolano, de Mexico à Barcelone (où l’on se dit qu’on va peut-être rencontrer Carlos Ruiz Zafon). De Paris à Tel-Aviv, de Madrid à Pétaouchnok. Ses héros sont des exilés, des éternels déracinés, qui ont la bougeotte, vivent comme des pique-assiettes, des picaros, des « clochards célestes»  (salut Jack). Ils vont « dealant»  (comme Bob) quand ils le peuvent, mais toujours griffonnant des poèmes, et buvant plus qu’il ne sied, et « baisant»  à tire l’haricot. Mon Dieu. L’exact négatif de ma propre existence (moi qui fus aussi un poète catalogué dans les sixties).

Comme le dit Enrique Vila-Matas, ce roman est l’épopée lyrique, tragi-comique, d’hommes en quête de la vraie vie, « le voyage infini de gens qui furent jeunes et désespérés mais ne s’ennuyèrent jamais» .

Eh bien, le lecteur ne s’ennuie jamais dans ces  900 pages qui ne sont pourtant pas celles d’un thriller à intrigue.

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Auteur:D.Nauze
Date: Lundi, 17. mai 2010 10:46
Trackback: Trackback-URL Catégorie: Coups de coeur

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