Deux camarades de jeu : Staline et Ossip Mandelstam ?
Le roman (?) de Robert Littell : « L’hirondelle avant l’orage» est un bouquin superbe, sublime même, c’est à dire infiniment plus élevé que le seuil (« limen» ) d’une honnête médiocrité.
La polyphonie, adroite et subtile, fait avancer l’intrigue vers un dénouement plus que prévisible. Mais les rapports entre le maître du Kremlin et le poète dissident (quel pléonasme!) sont d’une grande complexité. On peut parler d’une fascination réciproque entre le dictateur et le poète, au-delà des machines répressives, du KGB et de la sinistre Loubianka.
On peut compléter ce voyage en « Absurdie» en lisant les cent premières pages du roman de Marc Dugain : « Une exécution ordinaire» (Folio).
Le lecteur de romans est un curieux ectoplasme. J’irai jusqu’à dire que dans le confort protégé de sa bulle de lecture (la Tchéka ne viendra pas l’arrêter dans la nuit), il est le dernier des staliniens !

