« Le mec de la tombe d’à côté» , Katarina Mazetti, Babel
Moi qui me plains de ma solitude dans le Bazar Manioc, de l’absence de rencontres, de tissu social, eh bien c’est parce que je ne fréquente pas assez les cimetières. Dans une nouvelle de Maupassant (« Les Tombales» ) des prostituées, déguisées en veuves éplorées, draguent le client au Père-Lachaise. Chez Katarina Mazetti, dont le roman ne manque ni de vie ni de truculence, une idylle débute ainsi dans l’allée automnale d’un cimetière suédois.
Ce n’est pas une oeuvre basée sur la nécrophilie, non, le « mec» est bien vivant, il est à côté de la tombe et non dedans, c’est un bouseux de la proche campagne qui vient fleurir la tombe de ses parents tandis que sa proche voisine, Désirée, vient verser une larme sur la dernière demeure de son époux, bicycliste inattentif et biologiste qui est passé sous les roues d’un camion.
Leurs hormones vont bientôt fusionner, mais l’un est paysan avec des vaches à traire tous les jours et Désirée est bibliothécaire. En avant le choc des cultures, comme dit la quatrième de couverture. C’est moins mouvementé que MILLENIUM, mais, pute céleste, cela vaut le détour.
Un roman sans prétention, au ras des choses de la vie et qui a bien mérité son succès international.

