Thriller du temps : « La danse des obèses» .
Depuis quelques décennies, la littérature dite populaire a bien évolué. La science-fiction, qui eut son heure de gloire jusqu’aux années 90 a subi un déclin indéniable. Le fantastique aussi (disparition de collections bien installées dans le décor). Il suffit d’errer dans les FNAC et autres grandes surfaces pour s’apercevoir que seul un genre jouit d’une santé florissante : le polar.
Et quand je dis le « polar» , il faudrait écrire le « thriller» (le phénomène est comparable ou parallèle au plan de la production cinématographique). C’est un genre où le corps humain est sacrément malmené, jusqu’à l’extrême, les psychopathes à l’oeuvre étant souvent des artistes qui recopient les oeuvres d’art. Il y a plusieurs gammes dans le thriller : le thriller médical où l’angoisse est forcément au carré (l’hôpital au quotidien étant déjà suffisamment anxiogène), en ce moment, depuis Dan Brown, fleurit le thriller» vaticaniste» , les vaticanailleries sur fond de secrets eschatologiques, et si le Christ était un imposteur? se comptent par dizaines.
C’est à dire que beaucoup d’écrivains, et non des moindres, souhaitent écrire le thriller qui fera la « une» des ventes (durant plusieurs semaines, dont la Semaine sainte) et sera traduit en 25 langues (sauf le basque). Cela rapporte beaucoup plus qu’un petit roman introspectif édité par Gallimard ! Macache wallou.
En ce qui concerne « La Danse des Obèses» , c’est un roman bien écrit, avec ce qu’il faut de graisse (vu le sujet), les têtes de chapitres baignent dans la gastronomie. Chapitre 11 :» Premier plat principal : crustacés. Langoustes puces de l’île de Sein cuites minute dans un vrai court-bouillon» . Et comme on fréquente beaucoup l’Institut médico-légal au fil des chapitres, on a forcément envie de gerber les titres (les personnages s’en acquittant à notre place!). Voilà un bouquin à recommander aux surchargés pondéraux (dont je fais partie). Mais il n’est pas sûr qu’un frisson fasse maigrir!

