« Là où les tigres sont chez eux» Jean-Marie Blas de Roblès ou la force des incipits
« Incipit liber» , en abrégé « incipit» , « le livre commence (ici)» , le terme est bien commode, dont se gargarisaient mes lycéens, du temps que j’en avais (« oxymore» avait également une sacrée côte!).
Au sens strict, c’est la première phrase du récit : « Aujourd’hui maman est morte» ou bien « Longtemps, je me suis couché de bonne heure» . Au sens plus large (et plus sage), c’est le tout début du roman, l’amorce qui va ferrer ou pas ma lecture.
Je trouve l’incipit du livre de Blas de Roblès assez piquant pour m’embarquer dans 884 pages de lecture. Autisme en perspective, avis à la famille (qu’est-ce que je dis, pour l’instant, je suis seul comme Kafka dans mon isba en semi-rondins du Bazar Manioc) . Je cite :
» – L’homme à la bite en pointe ! Haarrk ! L’homme à la bite en pointe ! fit la voix aiguë, nasillarde et comme avinée de Heidegger.»
On se doute que Heidegger n’est pas Heidegger mais le perroquet du premier personnage du casting, Eléazard von Wogau.
Comme ce n’est pas un thriller (comme l’époustouflant SHUTTER ISLAND de Dennis Lehane), j’ai lu les toutes dernières lignes qui avaient comme un air de déjà-vu :
« Bri-gi-Bardot / Bar-doo! / Bri-gi-te Beijo / Bei-Joo!»

