Une question épineuse : la représentation du coït au cinéma
Je veux parler des films ordinaires, bien entendu, où l’on nous montre un couple hétérosexuel copulant à cul joie, les jambes de l’actrice enserrant le corps du forniquant, sans la mascarade d’un drap pudiquement jeté sur leurs ébats. La question qui me turlupine est celle-ci : que se passe-t-il exactement? Le metteur en scène a-t-il lâché la bride sur les couilles de l’acteur, l’épuise-t-il sous la multiplicité des prises de vue ou bien lui fait-il boire un bidon de bromure une heure avant l’action?
Car, mes amis, vous le savez comme moi, le membre viril est des plus indocile!
Montaigne, dans ses « Essais» (I, XXI), note cette réflexion que je me fais un plaisir de vous livrer:
« On a raison de remarquer l’indocile liberté de ce membre, s’ingérant si importunément lorsque nous n’en avons que faire, et défaillant si importunément lorsque nous en avons le plus affaire, (…) refusant avec tant de fierté et d’obstination nos sollicitations et mentales et manuelles.»
Comme quoi, Montaigne a théorisé sur la panne, le « fiasco» , bien avant Stendhal, ciboire du Christ. Mais je ne sais toujours pas ce qui se passe (voir + haut) . Ce qui se passe vraiment. Quelqu’un pourrait-il me renseigner?

