Je me réveille toujours de bon poil quand j’ai inventé un juron nouveau
Je me réveille toujours de bon poil quand j’ai inventé un juron nouveau. Un juron bien à moi, compact et lisse comme un galet de plage (les plages où il y a des galets, naturellement). Pute vignasse! par exemple. De toute façon, ces temps-ci, je suis plutôt euphorique car je file le parfait amour avec la révérende mère supérieure du couvent des Homardines, près de l’Institut Médico-légal. Mais je suis discret, être plein de morgue attire toujours les emmerdes. Sous sa défroque monacale, Priscilla (c’était son nom de scène quand elle était strip-teaseuse) a le corps d’Astrid Veillon (abondamment détaillé l’autre soir dans un téléfilm qui se passait à la campagne, lors de la tempête du siècle dernier). Nous nous frottons le crin nuitamment et ça fait des étincelles, heureusement silencieuses, car il ne faut pas réveiller les bonnes soeurs, par définition chastes et pures.
Certaines mauvaises langues voudront bien admettre que je prends mon pied, mais que c’est un pied de cochon! Je préfère être un cochon qu’un Cauchon, l’évêque collaborateur qui fit brûler Jéhanne d’Arc, la petite Jéhanne de France, comme disait Blaise Cendrars dans sa fameuse PROSE DU TRANSSIBERIEN. E pericoloso sporgersi! Veux-tu bien te rasseoir sur la banquette ou sur mes genoux, pute vignasse!

